Nouvel aéroport : le débat prend de la hauteur

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D'après la majorité municipale, il faut d'ores et déjà réserver des terrains pour un nouvel aéroport. Le conseil municipal et la communauté d'agglomération du Grand Toulouse (CAGT) ont voté dans ce sens vendredi. « Il s'agit de prévoir l'avenir, pour ne pas mettre les élus de demain en situation délicate si le besoin d'un 2e aéroport se confirmait », estime Philippe Douste-Blazy (UMP), le président de la CAGT.

Mais cette option soulève l'épineuse question de l'avenir de la plateforme Toulouse-Blagnac. « La fermer ce serait tuer la poule aux oeufs d'or. Les constructeurs aéronautiques n'ont pas envie de voir partir l'exploitation et de se retrouver dans une sorte de désert », prévient Bernard Keller, le maire (PRG) de Blagnac. L'édile craint qu'Airbus ne décide d'installer son siège sous d'autres cieux. Au nom de la majorité municipale, Jean Diébold (UMP) pense lui aussi qu'il « faut laisser Blagnac ouvert », mais il est également un fervent supporteur du deuxième aéroport. Martin Malvy (PS), le président de la région, critique cette position intermédiaire. « Seules quelques grandes capitales ont deux aéroports, observe-t-il. Anticiper sur la création d'une nouvelle plateforme à 40 ou 50 kilomètres de Toulouse, c'est donc faire un choix. Les élus de Toulouse doivent dire clairement s'ils veulent la fermeture de Blagnac. » Le débat devrait largement alimenter les prochaines joutes électorales.

Hélène Menal

Le principe d'un fonds complémentaire pour aider les habitants touchés par les nuisances aériennes à insonoriser leurs logements a été adopté vendredi par le conseil municipal. La région, le département, le Grand Toulouse et certaines communes participeront aussi à ce fonds.