Les parents à l'école de la solidarité

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Quand les parents d'élèves s'en mêlent, la mobilisation contre les expulsions d'enfants fait tache d'huile. Hier, ceux de l'école Lamartine, à Saint-Cyprien, ont organisé un petit-déjeuner musical. Un moment convivial en guise de rempart contre le départ annoncé d'une petite Angolaise et d'un élève marocain. « J'ai parlé de leur cas un soir à une maman, de façon informelle. Le lendemain, elle était plantée devant le portail avec une pétition », raconte Emy Lévy, la directrice. La maman engagée, c'est Agnès Bénazet. « Je ne supporte pas l'idée de raconter à mon fils de 5 ans que son copain va être emmené par des policiers », s'emporte-t-elle. Sa pétition est un succès. Maintenant, elle fait des réunions « courrier à l'inspecteur d'académie » avec des parents qu'elle ne croisait qu'aux anniversaires.

Pour peaufiner la stratégie, Agnès s'est glissée à une réunion du collectif de soutien à la famille Abchir, aux Minimes. Un comité actif, où oeuvrent , entre autres, Linda et Nathalie. « Avant, on s'occupait du Claé et du ravitaillement en papier toilette... », se rappellent-elles. Quand ces deux mères affiliées à la FCPE ont pris position contre le CPE, elles se sont fait taper sur les doigts par d'autres parents de l'école Pierre et Marie Curie. « Mais là, aucun ne s'est offusqué. Bien au contraire. Et l'on nous signale tellement de cas que nous songeons sérieusement à rebaptiser le collectif. » Ce phénomène de solidarité n'est pas prêt de s'éteindre. La preuve, des parents du lycée Roland-Garros étaient hier au petit-déjeuner musical pour s'informer sur la marche à suivre. « Cette mobilisation est un soutien précieux pour les familles touchées par les expulsions, souvent discrètes et fragilisées psychologiquement », estime Emy Lévy.

Hélène Ménal

Parents, enfants, voisins et enseignants... Tous les collectifs et comités de soutien de la ville se rassembleront aujourd'hui à partir de 14 h devant la préfecture.