La Fac veut se passer du privé pour sa rénovation

Hélène Ménal

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B. Monthubert, président de l'UPS.
B. Monthubert, président de l'UPS. — F. Scheiber/20 minutes

A l'Université Paul-Sabatier (UPS), le changement, c'est maintenant. A peine en fonction, le nouveau président Bertrand Monthubert, par ailleurs secrétaire national du PS chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, jette un pavé dans la mare. Il a décidé de « suspendre » la première phase du plan Campus, un vaste projet de rénovation décidé en 2007 par le gouvernement Fillon. Il accorde aux universités toulousaines une dotation en capital de l'Etat de 350 millions d'euros.

Une forme de leasing
Cet argent est placé et ce sont les intérêts générés qui doivent permettre aux facultés de rénover ou construire des bâtiments. Ou plutôt de les faire construire. Car le Plan Campus impose à l'établissement de procéder via « des partenariats public-privé » (PPP). Autrement dit l'édification des bâtiments est confiée à des groupes privés qui, ensuite, les louent à l'université. « J'ai découvert à mon arrivée que les PPP engendreraient un surcoût de 600 000 euros par an pour l'UPS non compensé par la dotation de l'Etat », explique Bertrand Monthubert qui dénonce un processus coûteux. « N'importe quel ménage, ajoute-t-il, comprend tout de suite qu'il vaut mieux acheter que de prendre un leasing ». Le Toulousain attend la décision de la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, sur une éventuelle remise à plat des PPP. « Il s'agit d'avoir les mêmes bâtiments, dans les mêmes délais mais avec un mode de financement différent », assure le président. Tout un autre pan du Plan Campus est financé par les collectivités locales sous maîtrise d'ouvrage publique.

projets

A l'UPS, le Plan campus concerne une dizaine de bâtiments parmi lesquels une maison des étudiants et du personnel ou un bâtiment des langues. Des rénovations de laboratoires et des équipements sportifs sont aussi prévus.