AZF : les victimes pointent du doigt Total

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L'association « Plus Jamais Ça » espère que la justice ne se contentera pas du seul rapport des experts pour déterminer les responsabilités dans l'explosion de l'usine AZF. Après la mise en examen de la société Grande-Paroisse pour « homicides et blessures involontaires » le 31 mai dernier, « nous demandons celle de Total avec pour chef d'accusation la mise en danger delibérée de la vie d'autrui. Le motif a été écarté alors qu'il touche au fond du problème : les mauvaises conditions de sécurité sur ce site, à l'origine de l'explosion », insiste Claudine Molin, membre de l'association.

Une position partagée par l'association de familles endeuillées. « Cela permettrait d'élargir le spectre des fautes. On sait que Total était directement impliqué dans les investissements financiers de l'entreprise. La justice n'est pourtant pas allée chercher quels investissements non réalisés auraient pu diminuer la dangerosité du site », souligne Stella Bisseuil, leur avocate.

L'annonce par le garde des Sceaux, Pascal Clément, d'un procès en 2007 leur fait craindre que la recherche des responsabilités ne soit « bâclée ». « Le rapport d'expertise est accablant pour l'industriel et nous aurions seulement deux personnes sur le banc des accusés. Il y a un cumul de fautes dans le temps, Total était au courant et nous voulons que les responsables de la politique financière soient désignés », poursuit Stella Bisseuil, qui va demander un audit sur les conditions de sécurité avant l'explosion.

Béatrice Colin

L'association de familles endeuillées a demandé aux juges chargés de l'information pour « entrave à l'enquête pénale » de prendre en compte dans leur instruction les « faits insolites » constatés par le rapport des experts.