Sur les traces de nos aïeux

Béatrice colin

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Les fouilles ont permis de déterrer des tonnes d'amphores, des bijoux en bronze, une semelle, objet du quotidien, ou plus rare, un fragment de tablette en bois.
Les fouilles ont permis de déterrer des tonnes d'amphores, des bijoux en bronze, une semelle, objet du quotidien, ou plus rare, un fragment de tablette en bois. — F. Lancelot / 20 minutesF. Lancelot / 20 minutesA. Gelebart / 20 minutesF. Lancelot / 20 minutesF. Lancelot / 20 minutes

Par Toutatis ! Toulouse ne s'est pas faite en un jour. Et son histoire non plus. Pour en savoir un peu plus sur nos ancêtres les Gaulois, les archéologues de la société Archeodunum ont dû passer deux ans, les genoux dans la terre, à creuser le site de la caserne Niel. A partir de vendredi et jusqu'au 11 novembre, le musée Saint-Raymond expose une partie des objets déterrés à l'occasion de son « Brut de fouilles ». « Cela nous permet de livrer aux Toulousains les premières découvertes réalisées. Elles ont notamment mis en lumière l'existence d'une agglomération au IIe siècle av. J.-C., avec des activités artisanales et commerciales importantes », explique Claudine Jacquet, régisseur des œuvres du musée, qui déambule entre les amphores, prêtes à être mises en place. Entières ou sous forme de tessons, leur quantité se mesure en tonnes.

Métropole commerçante
La présence de ces récipients confirme que le goût des Toulousains pour le vin ne date pas d'hier. Ici, point de cervoise, mais bien du nectar des dieux, en provenance notamment d'Italie. « Il était acheminé par bateau jusqu'à la côte narbonnaise puis remontait de l'Aude par voie terrestre. Il repartait parfois par la Garonne, pour être livré à Bordeaux. Mais il y avait aussi sur place une consommation importante, c'était un moyen traditionnel d'accéder au monde divin, en particulier chez les élites », avance Claudine Jacquet. Un commerce qui a dû attirer de nombreux négociants venus d'un peu partout et dont certains objets, comme la mosaïque égyptienne, la monnaie de Cahors ou la céramique marseillaise, témoignent de leur passage dans le quartier Saint-Roch. D'autres émanent du monde romain. C'est le cas de ce fragment très rare de tablette en bois, retrouvé au fond d'un puits, et qui servait à écrire sur de la cire. Mais au-delà du commerce, il y avait une vie locale. Cétautomatix, le forgeron d'Astérix, n'aurait pas dépareillé dans la Tolôssa gauloise. Parce que comme les habitants de la Ville rose, il aime la castagne, mais surtout parce que les fouilles ont révélé une présence importante de production de bronze. Des creusets ont ainsi été retrouvés, ainsi que des fibules et anneaux en métal. Mais toutes ces trouvailles laissent encore la place à de nombreuses questions. « On sait ce qu'on importait mais on ne sait pas ce que l'on exportait, des esclaves, des céréales ? Pourquoi cette agglomération va être abandonnée vers 100 av. J.-C. », s'interroge Claudine Jacquet. Aux archéologues d'y répondre.

Néolithique…

Des haches ou encore des pointes de flèche. Les fouilles ont aussi révélé une présence humaine durant la période néolithique, vers 4 500 av. J.-C. Mais aussi à la fin de l'âge du Bronze et début de l'âge du Fer à travers la présence d'une nécropole de 79 sépultures, dont celle d'un adolescent.