« Il fallat marquer le coup »

Hélène Ménal

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Le défilé a mobilisé dix fois plus de personnes que l'an dernier.
Le défilé a mobilisé dix fois plus de personnes que l'an dernier. — F. Scheiber/20 minutes

L'affluence des grands jours. Mardi, pour ce 1er Mai d'entre-deux tours d'élection présidentielle, la police a compté 10 000 manifestants dans les rues de Toulouse. Ils étaient 40 000 selon l'intersyndicale organisatrice, soit « l'équivalent d'une bonne manif contre la réforme des retraites » ou encore dix fois plus que l'an dernier pour la Fête du travail. Les habitués ont tous croisé dans le cortège « des personnes qui en général ne manifestent pas le 1er Mai ». Comme Magalie, « vraie mère de famille et vraie travailleuse » qui a voulu « vraiment marquer le coup ».

La présidentielle dans les têtes
« En cinq ans de mandat, Nicolas Sarkozy aura réussi au moins ça. Mobiliser les travailleurs », ironise Gisèle Vidallet, la secrétaire départementale de la CGT. Mais si le président-candidat était dans toutes les têtes, il n'était pas pour autant la tête de Turc du défilé. A croire qu'il y avait un mot d'ordre pour ne pas s'acharner. « Bien sûr, il faut qu'il s'en aille mais cela ne réglera pas tout, c'était plutôt ça l'état d'esprit », explique Bernard Dedeban, le secrétaire départemental de la FSU Du coup, les grandes banderoles étaient recyclables, les revendications assez classiques : « Emplois en CDI », « Salaires et retraites décents », etc. Mais sur les petites pancartes plus personnelles, le message était clair. « Rentre à Neuilly, ta mère patrie… lundi, Pôle Emploi te trouvera un vrai travail », pouvait-on lire sur celle de Marie-Pierre, une retraitée de Pôle Emploi. « Moi, je suis petite, alors pour qu'on me voie, je mets les pieds dans le plat », glisse-t-elle. Son message a suscité nombre de tapes amicales. A défaut de contre-défilé, certains allergiques ont opté pour la protestation silencieuse. Comme cet habitant du boulevard Lascrosses, situé sur le parcours. Il a placardé sur son balcon l'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy.

Partis

Front de gauche, Parti socialiste, NPA, Europe Ecologie, Lutte ouvrière. Comme prévu, les partis politiques de gauche étaient en queue de cortège. Plutôt sobrement. François Hollande était présent sur les drapeaux des jeunes socialistes.