Cannelle rejoint ses congénères

Béatrice colin

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Palouma et Cannelle, au sol, ont été conservées jusqu'à présent à l'école vétérinaire.
Palouma et Cannelle, au sol, ont été conservées jusqu'à présent à l'école vétérinaire. — Remy Gabalda/20 minutes

Depuis huit ans, elle dormait dans les congélateurs de l'école vétérinaire de Toulouse. Ce matin, la dépouille de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, rejoint les ateliers du Muséum. Depuis octobre, les préparateurs et taxidermistes se sont déjà penchés sur ses congénères, Melba, Franska et Palouma.

Naturalisée si possible
De quoi se faire la main avant l'arrivée d'une des plus célèbres plantigrades des Pyrénées, abattue par un chasseur en 2004. Contrairement à Palouma, tombée d'une barre rocheuse et dont le cœur et les poumons ont été perforés, Cannelle a eu le pelage relativement peu abîmé. Certes l'autopsie a laissé une entaille sur le poitrail et la balle un orifice, mais elle a été plus épargnée par les vautours que les autres ourses. Ce qui laisse quelques espoirs à Brian Aïello, préparateur en science de la vie au département Collections du Muséum. « Nous attendons beaucoup de Cannelle. Nous allons voir ce que nous pouvons récupérer, nous espérons avoir un animal complet afin de le naturaliser et de le présenter au public lors d'une exposition », indique le responsable.
Cette présentation aura lieu en 2013. D'ici là un long travail va avoir lieu. Il faudra déjà près de trois jours d'une lente décongélation pour commencer à manipuler la peau. Dépecée, elle sera ensuite plongée dans un bain d'eau saturé en sel, histoire de la rendre imputrescible. Si après toutes ces opérations, les parties sont en bon état, une autre phase débutera, celle de la taxidermie. Les os blanchis seront assemblés comme un véritable puzzle, les morceaux de poils manquants seront reteintés et il faudra lui trouver une posture sympathique et originale pour l'éternité. Si ce n'est pas le cas, « comme ce sont des choses exceptionnelles cela a un intérêt pour les scientifiques qui viennent consulter ce matériel », poursuit Brian Aïello. Mais ce dernier espère bien la voir finir dans les vitrines du Muséum, coincée entre l'ours polaire et l'ours brun d'Eurasie.