Une mobilisation pro-ours un poil décevante

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Avec un millier de participants, la mobilisation des pro-ours a été plus faible qu'espéré samedi après-midi à Toulouse. Prévu initialement à Luchon, le rassemblement des partisans du plantigrade s'est tenu dans la Ville rose après les menaces des anti-ours qui promettaient de « venir casser de l'écolo ». D'autant plus que le lâcher, dans la nuit de jeudi à vendredi dans la commune d'Arbas, d'un quatrième ours, Balou – un mâle de 88 kg –, a été perçu comme une provocation supplémentaire par les anti. « Ce n'est pas mal de mobiliser un millier de personnes pour un programme qui est quasiment accompli », se félicitait pourtant samedi Alain Reynes, président de l'association Pays de l'Ours-Adet.

En provenance de Paris, Nantes, Marseille et des Pyrénées, les pro-ours regrettaient de n'avoir pu se rassembler dans la station thermale. « Je suis déçu, mais si cela s'était fait à Luchon, je ne serais peut être pas venu avec mes enfants », soulignait Jean-Claude, un père de famille accompagné de ses deux petites filles. Pour Jean-Pierre, architecte à Lourdes, la présence de l'ours n'est pas négociable : « Il fait partie de notre patrimoine, aujourd'hui sa présence nous oblige à changer notre comportement en montagne. » De son côté Marie-Luce, 65 ans, un ours en peluche en guise de casquette sur la tête, dénonce l'image « d'écolo de salon ». « Dites-le bien que nous sommes des Pyrénées, nous habitons Nistos depuis plus de quinze ans, et je m'insurge contre cette minorité violente des anti-ours ! »

Philippe Font

Aux côtés des pro-ours, samedi, Serge Lepeltier ancien ministre UMP de l'Ecologie (dont le plan de réintroduction prévoyait quinze ours) mais aussi les Verts Dominique Voynet et Yann Wherling.