Un test pour détecter le risque de cancer du côlon

Béatrice colin

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Colorectal… un mot imprononçable pour Gilles et Michèle, joueurs Des Chiffres et des Lettres. Cette parodie du jeu télé tourne actuellement en boucle sur les écrans à l'occasion de Mars Bleu, le mois de mobilisation contre le cancer colorectal. C'est aussi le moment choisi par une équipe de scientifiques toulousaines pour dévoiler les résultats de dix années de recherches sur cette maladie à l'origine de 17 400 décès chaque année en France, dont plus de 800 dans la région. Issues d'une unité mixte de l'Université Paul-Sabatier et de l'Institut national de la santé et de la recherche, Catherine Seva et Audrey Ferrand ont découvert que la progastrine, une protéine, a une incidence dans son développement. Avant même de parler de cancer, beaucoup de personnes se rendent dans un établissement de soins pour des polypes, des lésions en relief sur les tissus du colon. Lors de chaque endoscopie, ils sont enlevés.

Lésions précancéreuses
« Certains sont considérés comme bénins et ne font pas l'objet d'une recommandation de suivi. Nous avons réalisé une étude auprès de 74 patients à qui ont en avait enlevé. Ceux qui avaient un taux élevé de progastrine contenus dans les polypes ont tous développé par la suite des lésions précancéreuses », explique Catherine Seva, la directrice de recherche. Et pour la moitié d'entre eux ces lésions sont apparues dans les 2 à 5 ans qui ont suivi. « Si ce test sur la prograstrine est réalisé sur tous les polypes prélevés, cela peut être un outil de diagnostic complémentaire et permettre de mieux prendre en charge le patient ayant un risque élevé », plaide Marie-Bernadette Delisle du service d'anatomie pathologique du CHU Rangueil. Une chance de plus car lorsque le cancer est pris au stade précoce, le taux de survie à 5 ans est de 94 % selon l'agence régionale de santé. Et si ces résultats sont confirmés par une étude de grande envergure, un médicament pourrait même être trouvé pour prévenir ce risque.

dépistage

Chaque année, Midi-Pyrénées compte 1 900 nouveaux cas de malades atteints du cancer colorectal, en hausse de 12,1 % chez les hommes et de 7,3 % chez les femmes ces dix dernières années selon l'agence régionale de la santé. Depuis 2009, un dispositif de dépistage est organisé sur toute la France pour les + 50 ans. Le taux de participation est en hausse en Haute-Garonne, il passe de 17 % en 2009-2010 à 28,4 % l'année suivante.