une rescapée perpétue le souvenir des justes

anne-marie celse

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Andrée Poch-Karsenti, hier.
Andrée Poch-Karsenti, hier. — f . scheiber / 20 minutes

«Je ne peux vous dire que quelques souvenirs ». C'est ainsi que s'est présentée hier devant une salle, émue, Andrée Poch-Karsenti, présidente de l'association « Enfants et amis Abadi ». En 1943, à l'âge de 3 ans, elle a été sauvée, comme 526 autres enfants, par le réseau Marcel, un des principaux circuits de sauvetage de l'enfance juive de la zone sud.

Un témoignage bouleversant
Agée aujourd'hui de 72 ans, elle est venue « dire des choses qui ont existé, avec le souvenir de cauchemars » aux élèves de 3e du collège Jean-Pierre Vernant, à Toulouse. « Je savais que j'étais une enfant cachée, raconte-t-elle. Mais je ne suis que le témoin du témoin, une actrice a minima ». Selon Guillaume Agullo, responsable du Musée de la résistance, « les témoignages dans les collèges sont très rares en Haute-Garonne ». Andrée était accompagnée hier d'Eric Gagnier, qui a reçu en janvier la médaille de Justes parmi les Nations au nom de ses grands-parents, le pasteur Pierre Gagnier et sa femme Hélène. Ils avaient sauvé des enfants « de trois mois à seize ans ». Les élèves ont réagi, questionné sur ces jeunes qu'on « dépersonnalisait ». Pour Marianne, une élève, « c'est bien qu'elle ait retrouvé ceux qui l'ont sauvée et elle le raconte avec beaucoup de calme ». Depuis le décès d'une des actrices du réseau Marcel en 1999, Andrée se met à parler. « Et même si un jour, on arrête de témoigner, les choses seront posées, quelque part ». Dans la mémoire des élèves, certainement.

justes

Pour honorer les personnes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs, le titre de « Juste » est décerné par l'Etat d'Israël depuis 1953. C'est la plus haute distinction honorifique délivrée par Israël à des civils.