Retour à la terre pour les restes de nos assiettes

Béatrice colin

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7,5 tonnes de compost livrées hier.
7,5 tonnes de compost livrées hier. — F. Scheiber/20 minutes

Epluchures de carottes, de courgettes ou encore restes de risotto et de compotes de pommes. Jusqu'à présent, ces déchets produits par les 300 000 repas servis chaque année à la Clinique Pasteur atterrissaient dans les fours de l'incinérateur du Mirail. Mais à l'heure du développement durable, ses responsables ont décidé de leur donner une deuxième vie en les réduisant en compost. Et depuis hier, ces fermentescibles retournent dans les quatre hectares de champs du producteur de légumes Bio qui fournit… la clinique Pasteur.

Boucle vertueuse
« Nous avons réussi à faire une boucle vertueuse », explique Olivier Collet, responsable technique à la clinique. L'Établissement et service d'aide par le travail (Esat) du Razès, à Nailloux, a en effet pris livraison de 7,5 tonnes d'engrais à répartir dans ses rangées de salades et poireaux qui finiront un jour dans les assiettes des malades et du personnel. « Cela nous permet de réduire nos déchets et ça ne nous coûte pas plus cher car aujourd'hui nous payons déjà un prestataire pour gérer nos ordures ménagères », poursuit Olivier Collet. Une première qui pourrait faire rapidement des petits. « Nous collectons des magasins Carrefour et nous allons bientôt composter les ordures de plusieurs restaurants Mc Donald », relève Jean-Luc Da Lozzo de la société Cler Verts, qui produit le compost. Cantines scolaires ou restauration d'entreprises, il estime le gisement de déchets organiques à 2 000 tonnes sur l'agglomération toulousaine.

social

Au-delà de l'aspect environnemental, la clinique Pasteur prend en compte la dimension sociale du projet puisque l'Esat fait travailler huit personnes en insertion affectées par des problèmes psychiques.