Le fond de l'air effraie

éric dourel

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Une cinquantaine de militants a investi hier le gymnase Pierre Montané.
Une cinquantaine de militants a investi hier le gymnase Pierre Montané. — f . lancelot / 20 minutes

Une fermeture en fanfare. Hier matin, aux aurores, à grand renfort de banderoles et de panneaux, une cinquantaine de militants du groupement pour la défense des travailleurs sociaux (GPS) qui regroupe des associations telles que les Don Quichotte ou encore le DAL (Droit au logement), a occupé le gymnase Pierre Montané pour protester contre sa fermeture. Cette structure, ouverte depuis le 7 février dans le cadre du plan Grand Froid, peut accueillir et héberger chaque nuit jusqu'à 80 personnes sans domicile fixe. Avec le redoux qui sévit depuis quelques jours sur la Ville Rose, la préfecture et la mairie avaient prévu de réduire la voilure de ce dispositif d'accueil et d'hébergement d'urgence. Et donc de fermer dès hier matin le gymnase Montané.

Le thermomètre plonge
« Ce qui signifie que 170 personnes allaient se retrouver à la rue, sans aucune solution d'hébergement nocturne, tout ça parce que les températures sont à peine au-dessus de 0 °C », tempête Annabelle, membre du GPS. « Ces chiffres sont faux. Il manque des places, c'est vrai, mais certainement pas pour 170 personnes », rétorque Françoise Souliman, secrétaire générale de la Préfecture. Il n'empêche qu'avec le retour hier soir et ce soir des températures négatives, les autorités ont prévu, de reconduire le dispositif jusqu'à mercredi matin. « L'occupation du gymnase Montané n'a rien à voir avec cette décision. Nous avions dès jeudi dernier prévu de faire un point en fonction des températures », rajoute la porte-parole de la préfecture. Outre, les structures du Grand Ramier et du Petit Capitole, un nouveau gymnase sera ouvert dans le quartier Saint-Cyprien, à côté de l'école Lamartine, pour pallier la fermeture de Pierre-Montané. « On ne fait que repousser le problème. Où vont dormir les SDF à partir de mercredi soir ? », interroge le GPS. « Il ne faut pas confondre le plan Grand Froid avec le manque d'hébergements d'urgence », répond la Préfecture.

rassemblement

A 14 heures, le collectif pour la réquisition, l'entraide et l'autogestion (CREA) appelle à un rassemblement devant la préfecture. Ils veulent dénoncer la mesure d'expulsion qui les frappe suite à l'occupation d'un bâtiment vide réquisitionné pour accueillir des familles à la rue.La décision de justice entre en vigueur aujourd'hui-même.