La brigade anti-époux violents joue la prévention

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Les violences intra-familiales ont augmenté de 27 % à Toulouse depuis le début de l'année. Pour les prévenir, la direction départementale de la police diffusera au mois de juin une plaquette d'information destinée au grand public. Depuis octobre, elle dispose déjà d'une équipe spécialisée, installée dans des bureaux neufs du commissariat Nord.

Cette « brigade » des violences conjugales se saisit elle-même des « dossiers » en écumant chaque matin les mains courantes de Police Secours. L'équipe est composée de trois policiers –tous des hommes– ayant de seize à trente ans d'expérience. « Nous sommes là pour désamorcer les conflits », expliquent-ils. Ils jouent les épouvantails avant même le moindre dépôt de plainte. En lien étroit avec le bureau du procureur, la brigade repère « trois à cinq affaires » par semaine. Elle s'entretient ensuite avec la victime supposée. « Si possible, nous essayons de la rencontrer chez elle, de voir comment elle vit car la violence peut aussi être psychologique », souligne Patrick Castanet.

Ensuite vient le tour de « l'auteur ». Souvent étonné, car la victime n'a pas déposé plainte. « Avec lui nous privilégions la médiation pénale qui se traduit souvent par un rappel à la loi », indique Claude Moncouet. En quelques mois, les trois policiers ont acquis une certitude : « la violence conjugale traverse toutes les couches sociales, tous les milieux. » Et, dans leurs dossiers, ils n'ont pour l'instant repéré « aucun récidiviste ».

Hélène Ménal

De janvier à avril, 193 plaintes pour violences intra-familiales ont été déposées à Toulouse, contre 151 en 2005. Et sur tous les dossiers « préventifs » de la brigade, deux concernent des femmes violentes.