Et la nature reprend ses droits

julie duquenne

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150 hectares de prairies urbaines ont été créés depuis 2008 dans différents lieux de la ville.
150 hectares de prairies urbaines ont été créés depuis 2008 dans différents lieux de la ville. — F . scheiber / 20minutes

Cela se sait peu, mais entre les immeubles et les voitures, il existe à Toulouse pas moins de 1 200 espèces animales et végétales. Figuier à Saint-Aubin, araignée Napoléon à Ginestous et héron cendré à la Reynerie se partagent l'affiche d'un inventaire de la faune et de la flore insoupçonné et réalisé en 2010 à la demande de la Ville.

Des espaces plus sauvages
Pour maintenir leur présence, voire la favoriser, la mairie s'est lancée dès 2008 dans une « gestion plus durable » de ses quelque 750 hectares d'espaces verts. C'est ainsi qu'au parc de la Grande Plaine, un des sites pilotes du projet, à Compans-Caffarelli ou encore le long du Canal du Midi, les pelouses tondues régulièrement ont laissé place à 150 hectares de prairies urbaines, plus sauvages. « En coupant l'herbe partout, on stoppe le cycle des végétaux. Or si on ne la fauche qu'une fois par an, l'écosystème peut s'autorenouveller permettant l'intégration de nouvelles espèces », explique Michèle Bleuse, conseillère municipale en charge des espaces verts pour qui l'objectif est d'arrêter d'opposer l'homme à la nature. Seul inconvénient, le résultat est nettement moins esthétique. « Au début, c'était mal compris car les gens pensaient que c'était sale, reconnaît l'élue. Mais aujourd'hui, on voit des petites fleurs réapparaître et je ne reçois plus de courriers ». La réintégration de « la nature en ville » est aussi passée par la plantation de 80 000 arbres et arbustes comme des noisetiers, érables de Montpellier ou troënes des bois qui ont permis la création de haies ou bosquets champêtres à Ginestous, Pech David ou encore Fontaine-Lestang. En octobre dernier, Toulouse a ainsi été récompensée par l'agence Natureparif en obtenant le prix de la Capitale française de la biodiversité dans la catégorie des villes de plus de 100 000 habitants. « Une reconnaissance qui valorise la qualité de nos initiatives et nous encourage à poursuivre », se félicite Régine Lange, adjointe en charge du développement durable.