« Attaqués, nous ne faisons que réagir »

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Trois questions à Jean-Marie Fontaine, porte-parole de l’Opus Dei France.

L’Opus Dei organise, à l’occasion de la sortie du film  Da Vinci Code, des journées portes ouvertes dans différentes villes telles que Strasbourg ou Toulouse. Visiblement, vous n’avez pas aimé le livre de Dan Brown…

Non, cette fiction offre une description de la personne du Christ et de l’Eglise qui n’a rien à voir avec la réalité : Jésus aurait été marié et l’institution catholique aurait caché un secret durant 2000 ans ! De même, le livre prend des libertés à propos de l’Opus Dei, décrit comme une bande de bandits alors qu’il s’agit d’un TGV pour aller à Dieu, d’un instrument pour trouver le Christ au milieu du monde de stress qui nous entoure.
Contestez-vous la pratique de la mortification corporelle par les membres de l’Opus Dei ?

Non, mais elle ne correspond pas aux descriptions excessives du Da Vinci Code. Certains membres font usage du cilice, un petit instrument composé de pointes, qu’ils portent autour de la cuisse et qui constitue une gêne. Mais ils ne le portent pas tous les jours et jamais plus de deux heures de suite. En plus de cela, ils s’y habituent. D’autres membres se frappent eux-mêmes avec une « discipline », un petit fouet à cordelettes, dans le bas du dos et non pas dans le dos, comme le décrit le Da Vinci Code. Le but est d’imiter le Christ et de s’unir à son sacrifice.

Le lancement du Da Vinci Code n’est-il pas finalement une chance de se faire connaître pour l’Opus Dei ?

Il est vrai que cela permet aux médias de s’intéresser à notre message. Nous en sommes reconnaissants et nous en profitons. Notre but est d’expliquer qui nous sommes mais pas de « recruter » de nouveaux membres qui rejoignent l’Opus Dei uniquement s’ils sont poussés par l’appel de Dieu.
Cela dit, le film nous fait beaucoup de tort car il conforte ceux qui ne connaissent pas les Evangiles dans la vision de l’Eglise que donnait déjà le livre. Attaqués, nous ne faisons donc que réagir. L’un dans l’autre, le bilan du Da Vinci Code n’est pas positif.

Propos recueillis par Alexandre Sulzer