Nouveau bras de fer à Tisséo

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La journée sera cruciale, mardi, pour les transports en commun toulousains. Les membres du comité syndical de Tisséo, l'autorité organisatrice, doivent en effet entamer le processus de révision de leurs statuts afin de les mettre en conformité avec la loi. Plus exactement, avec l'amendement Paillé, du nom d'un député UMP des Deux-Sèvres. La gauche locale soupçonne le texte d'être « spécialement taillé » pour Toulouse. Il impose en tout cas que la communauté d'agglomération du Grand Toulouse (CAGT), présidée par Philippe Douste-Blazy (UMP), détienne la majorité des sièges à Tisséo.

Actuellement Tisséo est le fruit d'un savant dosage politique où le conseil général et la CAGT occupent chacun dix des vingt-deux sièges et prennent la présidence en alternance. Dans la délibération proposée mardi, la CAGT occuperait douze sièges sur vingt-deux, contre huit pour le département. Au conseil général, on ne veut faire aucun commentaire avant mardi. Mais on voit mal comment son président, Pierre Izard (PS), pourrait accepter une baisse de son « poids politique » sans demander une diminution proportionnelle des financements qu'il consacre aux transports urbains toulousains. « La CAGT devrait alors compenser, ce qui plomberait ses finances », regrette Alain Fillola, le maire (PS) de Balma et vice-président de la CAGT. Les deux collectivités doivent trouver un terrain d'entente avant le 6 juin, date butoir fixée par la loi pour la mise en conformité.

Hélène Ménal

Pour l'heure, le Grand Toulouse et le conseil général consacrent chacun 31 millions d'euros par an aux transports urbains. Le « versement transport » des entreprises représente 135 millions chaque année.