AZF : « Toutes les pistes ont été explorées »

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Interview de Paul Michel, procureur de la République de Toulouse

Qu'attendez-vous du rapport final des experts judiciaires annoncé dans les semaines qui viennent ?

J'espère qu'il constituera le point d'orgue de ce dossier. Au bout de quatre ans d'investigations, j'en attends les réponses sur les origines de cette explosion. Le dépôt de ce rapport a été maintes fois reporté car les investigations doivent être les plus complètes possibles.

Au cours de l'enquête, différentes pistes ont été envisagées. Aujourd'hui lesquelles sont privilégiées ?

Je n'anticipe pas sur les conclusions des experts, ils vont proposer des explications à un certain nombre de phénomènes objectifs : la double explosion, l'explosion unique et l'analyse de témoignages par exemple. Ce rapport permettra sans doute de franchir une étape dans l'instruction. Il permettra d'examiner si de nouveaux actes doivent être effectués. On verra si les responsabilités d'autres acteurs ou d'une personne morale doivent être retenues. Il faut s'appuyer sur les conclusions de ce rapport pour envisager la mise en cause d'autres personnes... C'est une possibilité.

Des parties civiles sont très actives, en produisant beaucoup de témoignages ou en introduisant de nombreux recours. Cela peut-il gêner les avancées de l'instruction ?

Ce qui a été fait pendant ces quatre années n'a pas été inutile. Même si certaines pistes ont montré leurs limites, il fallait que le débat soit le plus large possible. Après le dépôt du rapport, les juges d'instruction notifieront un délai aux parties civiles et aux personnes mises en examen au cours duquel elles pourront formuler des observations, des demandes d'expertises ou de contre-expertises.

La tenue d'un procès en 2007 vous semble-t-elle réaliste ?

Compte tenu des éléments accessibles dans ce dossier, le procès pourrait avoir lieu en 2007. Maintenant, on peut se demander si certaines parties civiles qui verront leurs thèses non confirmées n'auront pas la volonté de prolonger les investigations. Dans l'intérêt des victimes, je crois que dans ce genre d'affaires et au bout d'un certain nombre d'années, il faut savoir envisager l'issue de la procédure. Il est temps de conclure sans que le dossier soit mal traité. Toutes les pistes ont été explorées. Juges, experts et policiers ont fait un boulot extraordinaire. C'est notre devoir de faire en sorte que la justice soit rendue dans des délais raisonnables.

Peut-on imaginer un procès en 2007 avec seulement deux personnes mises en examen ?

Je le répète, il n'est pas exclu que d'autres personnes physiques ou morales soient mises en examen. D'où l'intérêt du dépôt de ce rapport, pour qu'une étape nouvelle puisse être franchie.

Recueilli par Philippe Font