effet de serres pour l'incinérateur

Béatrice colin
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Les 174 000 tonnes d'ordures brûlées à Bessières serviront à produire 16 % des tomates consommées dans l'agglo.
Les 174 000 tonnes d'ordures brûlées à Bessières serviront à produire 16 % des tomates consommées dans l'agglo. — F. Scheiber / 20 minutes

Au Mirail, l'énergie produite par l'incinérateur sert à chauffer près de 10 000 habitants du quartier. A la fin de l'année prochaine, plusieurs tonnes de tomates sous serres devraient être produites grâce aux vapeurs issues de l'incinérateur de Bessières. Mise en service en 2001, cette structure se trouve en plein champ et brûle chaque année 170 000 tonnes d'ordures ménagères de 163 communes de l'agglomération. Difficile de les convertir en chauffage pour des immeubles quand la commune ne compte que 3 500 habitants. « Jusqu'à présent cette énergie partait aux petits oiseaux. Nous avons donc cherché à savoir ce que l'on pouvait en faire. On s'est rendu compte que le maraîchage, important à une époque dans l'agglomération toulousaine, avait disparu », explique Jean-Luc Raysseguier, maire PS de Bessières et premier vice-président de Décoset, le syndicat propriétaire de l'incinérateur. Le 8 décembre, son assemblée générale entérinera le choix de l'exploitant des serres pour les 25 prochaines années. Dans un premier temps, 8 hectares de culture sortiront de terre, puis 15 ha d'ici à trois ans. Des tomates hors sol y pousseront, mais aussi des concombres, des poivrons et des fraises.

Moins de camions sur les routes
Une rapide étude de marché auprès du Rungis local, le marché d'intérêt national de Toulouse, a montré qu'il manquait une production locale de 50 000 tonnes de légumes par an. Les 5 000 tonnes de tomates de Bessières permettraient de subvenir à 16 % de la consommation de la région toulousaine. « Aujourd'hui, celles que nous consommons viennent de Perpignan, de Bretagne, mais pour l'essentiel du Maroc », relève l'élu qui voit là un moyen de consommer local « tout en luttant contre les émissions de CO2 grâce à la réduction du nombre de camions sur les routes ».

investissement

Le coût du projet est évalué à 13 millions d'euros, de la construction des serres au raccordement à l'incinérateur. Il devrait bénéficier d'une subvention de l'agence de l'énergie. Il permettra de créer à plein régime 120 emplois sur une commune qui a un taux de chômage de 12 %.