Toulouse

Les anti-ours bloquent l'arrivée de Palouma

Des militants anti-ours ont retardé de quelques heures hier soir le lâcher de l'ourse Palouma

Une centaine de militants anti-ours ont retardé de quelques heures hier soir le lâcher de Palouma, une ourse de 84 kg capturée la veille en Slovénie, en semant la zizanie dans le massif au-dessus d'Arbas. En fin d'après-midi, près du village transformé en forteresse, près de 150 personnes, parmi lesquelles de nombreux enfants et personnalités, attendaient le bus pour assister à l'événement. Mais c'est à l'arrivée du convoi vers 19 h 10, que les choses se sont gâtées.

Empêchés d'accéder à Arbas par des barrages de gendarmerie, une dizaine de militants de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées s'est couchés en travers de la route. Les anti-ours, dont Augustin Bonrepaux député (PS) et président du conseil général de l'Ariège, étaient évacués en douceur quelques minutes plus tard par les gendarmes.

Cette action n'était qu'un tour de chauffe, à côté de ce qui attendait Palouma sur le site du lâcher. Depuis la mi-journée, des opposants au plantigrade s'étaient dispersés dans la montagne menaçant de la rabattre sur Arbas. « Puisque les habitants veulent l'ours, ils vont l'avoir », lançait un berger. C'est au moment de l'ouverture de la cage, que des hommes sont sortis du bois en agitant des torches, des cloches et ont fait exploser des pétards devant des spectateurs médusés. Nelly Olin, la ministre de l'Ecologie et du Développement durable, pense même avoir entendu des coups de feu. « Si on l'avait relâchée à ce moment-là, elle aurait été tuée », a-t-elle déclaré.

De son côté, le maire d'Arbas, François Arcangeli, s'est indigné de l'attitude des anti-ours. « Qu'une petite poignée de Pyrénéens puisse donner un tel spectacle me laisse un sentiment de tristesse mêlé de honte. » Plusieurs interpellations ont été effectuées à la suite des incidents. Une enquête devrait être ouverte. Dans la soirée, l'ourse a été mise à l'abri dans un lieu tenu secret.

Hélène Ménal

« Le plan ours va se poursuivre », a fermement répété hier soir Nelly Olin. Cinq ours seront bien introduits avant l'été dans les Pyrénées, même si ça se passe en catimini. Chaque bête sera munie d'un collier électronique et d'une puce permettant de les localiser et de les observer dans le massif durant deux ans. Le plan ours coûte 1,5 millions d'euros par an en tenant compte des mesures prises en faveur des éleveurs, des indemnisations versées s'il y a perte de bétails, des frais de surveillance et de suivi des plantigrades.