Des plantes chinoises à la barre

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Le procureur a requis hier deux ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende à l'encontre de Max Rombi, ex-PDG du laboratoire Arkopharma, et 9 mois de sursis ainsi que 15 000 e d'amende envers Jean-Bruno Maury, un ancien pharmacien toulousain. Max Rombi avait, dans les années 1990, importé une plante chinoise : la Stephania tetranda. Mais cette dernière a été substituée par une autre plante, l'aristoloche, porteuse d'un acide toxique. A cette période, Jean-Bruno Maury réalise et commercialise à Toulouse des gélules – contenant l'aristoloche –, à partir de poudre de plante livrée par Arkopharma.

Près de quinze ans plus tard, Max Rombi et Jean-Bruno Maury comparaissent devant le tribunal correctionnel à la suite de plaintes de deux consommatrices, Anne et Marie-Hélène. Elles avaient acheté ces gélules dans le cadre d'un régime amincissant. Depuis, elles suivent un traitement médical à vie. « Ma cliente a été empoisonnée par des plantes en vente libre. Elle a perdu l'usage de ses deux reins et risque un cancer », a déploré l'avocat de Marie-Hélène, Philippe de Caunes. Pour Christian Lambard, l'avocat de Max Rombi, « nous avons la certitude scientifique que l'acide aristolochique n'est pas à l'origine de ces maladies ». Le procureur a jugé moindre la responsabilité de Jean-Bruno Maury. « A l'époque, tout indiquait que les plantes étaient d'une innocuité totale », s'est défendu l'ex-pharmacien. L'expertise a démontré l'absence ou l'insuffisance de contrôles lors de leur importation et commercialisation. Le jugement devait être mis en délibéré.

M. M. et A. R.

Le 17 novembre 2005, le tribunal correctionnel de Nice a condamné Max Rombi à 3 mois de prison avec sursis et 30 000 e d'amende. Cette condamnation fait suite aux décès de deux femmes dus aux mêmes produits d'Arkopharma.