Golgota Picnic est programmée du 16 au 20 novembre au théâtre Garonne.
Golgota Picnic est programmée du 16 au 20 novembre au théâtre Garonne. — f . scheiber / 20 minutes

Toulouse

Une pièce pas très catho

société Des intégristes appelent à manifester devant le théâtre Garonne

Une pièce « blasphématoire » pour les uns, un spectacle pour la liberté d'expression pour les autres. La pièce de l'argentin Rodrigo Garcia, Golgota Picnic, programmée du 16 au 20 novembre au théâtre Garonne déclenche la colère des fondamentalistes chrétiens. Ils réclament sa déprogrammation.

Lettres de menace
Le théâtre Garonne assure recevoir des appels et des lettres de menace depuis le mois de septembre. Malgré les pressions des fondamentalistes, l'établissement revendique pleinement les raisons artistiques qui l'ont amené à programmer ce spectacle. « Ces personnes n'ont pas vu la pièce puisque c'est une première en France, rétorque Bénédicte Namont, directrice adjointe du théâtre. Ce spectacle a été joué pendant cinq semaines à Madrid, bastion catholique, sans aucun incident. La pièce de Rodrigo Garcia n'est pas une évocation de la vie du Christ mais s'intéresse à l'individu perdu dans le monde face à la société de consommation ». Se défendant de présenter une pièce blasphématoire, le théâtre veut avant tout « défendre l'art et la liberté d'expression ».
« Nous reprochons à cette pièce son contenu antichrétien et obscène, explique Alain Escada, secrétaire général de l'institut Civitas, l'initiateur de la protestation qui assure avoir vu des extraits de la fameuse pièce sur Internet. Il y a une parodie de la Crucifixion, des scènes se moquant ouvertement des chrétiens et des passages insultant le Christ ». Pour montrer leur désaccord, les protestataires organisent une procession au départ de l'église de la Daurade jusqu'au théâtre Garonne le 19 novembre, à 19 heures. Si l'évêque de Toulouse regrette lui aussi « le contenu de cette pièce » qu'il juge « irrespectueuse pour les chrétiens », il ne cautionne pas les actions de Civitas. « Il faut laisser la place à la liberté d'expression mais elle a des limites pour le respect des autres, confie Monseigneur Le Gall. En revanche, il n'est jamais bon de réagir à l'excès par l'excès ».

manif à paris

Depuis le 20 octobre, des manifestations ont lieu à Paris devant le Théâtre de la Ville qui présente la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Roméo Castellucci. Civitas proteste contre une scène où le visage de Jésus-Christ serait souillé. L'archevêque de Paris a condamné les actes d'« un groupuscule qui se réclame de l'Eglise catholique sans aucun mandat ».