L'Air de rien, ils se font entendre

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Que ce soit chantée sur scène, scandée dans les manifs anti-CPE ou posée en interview, la parole du groupe l'Air de rien est politique. Festif aux reflets cuivrés, leur premier album, Sans commentaires, avait un pur son toulousain. Utopie, le second prévu dans les bacs pour septembre, sera « plus rock », estime Thomas, auteur-compositeur et surtout graine originelle. Après quatre années d'existence, ce groupe de six musiciens monte mais n'oublie pas les débuts galères. « On a eu de la chance, certains attendent dix ans avant de sortir un album », expliquent-ils.

En 2002, année de leur naissance musicale, ils écumaient les bars, assos et festivals de la région, tous les week-ends, souvent gratuitement. « Les solutions pour se faire connaître sont alternatives » – pour ne pas dire illégales – « mais il faut en sortir vite, sinon, on a du mal à exiger de vrais contrats par la suite », prévient Thomas. Eux, c'est le Tactikollectif qui les a aidés en produisant leur premier album. « Le problème, c'est la scène : entre les bars et le Zénith, il n'y a rien », constate Pierre, le clarinettiste. Certains de leurs copains musiciens organisent des soirées privées pour être entendus. Et, une fois reconnu, arrivent les difficultés de la professionnalisation : « Il faut payer tout le monde, nous n'arrivons pas encore à en vivre. » Incontournable de la scène toulousaine, l'Air de rien sera aux côtés de Juliette sur la compil Toulouse en scène et face au public, le 10 mai au Ramier.

A.-M. F.

L'Air de rien s'attaque au marché national. Le label Wagram music leur a proposé de participer à une compilation, qui sortira le 2 mai. Le groupe sera présent avec le titre On verra.