les faucheurs loin d'être semés

julie rimbert

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Les faucheurs ont arraché une trentaine de tournesols.
Les faucheurs ont arraché une trentaine de tournesols. — f . scheiber / 20 minutes

Un fauchage symbolique pour dénoncer les tournesols « mutés » qu'ils considèrent comme des « OGM cachés ». Hier matin, une quarantaine de membres du collectif anti-OGM 31 a arraché une trentaine de pieds de tournesols dans un champ à Ondes, au nord de Toulouse.

Distribution de tracts
Ce fauchage a été opéré dans un champ de huit hectares de tournesol ExpressSun, une semence commercialisée par l'entreprise Pioneer. « Cette action vise à dénoncer le développement de variétés de tournesols issues de mutagenèse provoquée, explique Michel Metz, un faucheur volontaire. Au-delà des plantes transgéniques, comme le maïs Mon810, il y a aussi des OGM obtenus par une mutagenèse provoquée. Cela consiste à exposer la plante à une substance chimique capable de modifier son génome et de faire apparaître chez elle de nouveaux caractères génétiques, comme la résistance à l'herbicide ».
Des arguments rejetés par le centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre (Cetiom), un organisme de conseil pour les producteurs. « Ces tournesols ne sont en rien des OGM cachés puisqu'ils sont issus d'une mutagenèse et non d'une transgénèse comme pour les OGM, assure Pierre Jouffret, responsable du Cetiom dans le Sud. Cette technique de sélection, vieille de cinquante ans, est tout à fait classique. Il s'agit d'une petite modification d'un gène. Ces plantes ont comme intérêt de limiter les mauvaises herbes ».
Surveillés durant toute l'opération par un hélicoptère, les manifestants ont été repoussés, sans incident, par une soixantaine de gendarmes. Après avoir entonné quelques chansons dénonçant les OGM, le groupe de faucheurs volontaires a ensuite été distribuer des tracts de sensibilisation aux visiteurs du salon Innov-Agri qui se tenait hier dans un lycée agricole d'Ondes. « Nous n'avons rien contre les agriculteurs mais nous voulons les informer sur ces cultures qui représentent un danger pour la biodiversité », confie Jacques Dandelot, un faucheur volontaire.