Ils ont tous trouvé leur champion

Béatrice colin

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Pierre Cohen est membre de l'équipe de campagne d'Aubry.
Pierre Cohen est membre de l'équipe de campagne d'Aubry. — f. Scheiber?: 20 MINUTES

Elle était déjà venue en mai, en pleine tourmente DSK, présenter les idées du Parti socialiste sur l'enseignement. A l'époque, elle était encore première secrétaire. Ce soir, c'est en qualité de candidate aux primaires que Martine Aubry tient un meeting à la Halle aux Grains. Dans une des plus grosses fédérations de France, elle va pouvoir tester sa popularité auprès des militants. Car, du côté des élus, plus personne ne fait mystère de ses préférences. Le député-maire de Toulouse, qui en février avait pris tout le monde de court en annonçant que la maire de Lille ferait une bonne candidate, a été rejoint par le président de la région, Martin Malvy, de nombreux maires de l'agglomération et six des sept autres députés de Haute-Garonne. Dont certains, comme Cathy Lemorton, étaient ouvertement pro-Montebourg. Sébastien Vincini l'était aussi. Aujourd'hui il est le coordinateur départemental pour la campagne de Martine Aubry. « Depuis 2008, elle a su rassembler et faire travailler tout le monde ensemble », justifie-t-il.

Les strauss-kahniens aussi
Même si elle ne cherche pas particulièrement leur soutien, les membres de Socialisme et Démocratie 31, supporters de DSK, ont rallié son camp. « Nous sommes très proches sur les idées et elle a besoin de tous les militants qui lui ramènent des voix », note Pascal Boureau, son président. Face à ce raz-de-marée, le favori des sondages, François Hollande, peut compter sur l'eurodéputé Kader Arif, les sénateurs Jean-Jacques Mirassou et Bertrand Auban ou la députée Monique Iborra, qui a pourtant étant longtemps une fidèle de Ségolène Royal. La candidate de 2007 peut seulement compter sur un réseau de militants. « Près de 95 % des cadres locaux du parti se sont positionnés sur les deux anciens premiers secrétaires, une forte partie de la fédération est légitimiste. Mais je me souviens aussi de 1995 où 95 % d'entre eux étaient pour Emmanuelli. Nous sommes dans un processus nouveau, il n'y a pas que les militants qui votent », tempère Sébastien Denard, le patron de la fédération départementale PS.