Un nouvel épisode dans la saga du Grand Hôtel

Hélène Ménal

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La verrière Art déco a été restaurée.
La verrière Art déco a été restaurée. — F. Scheiber / 20 minutes

Sur l'aile gauche, des appartements privés vendus à 6 500 € le m2, un record absolu à Toulouse. Sur l'aile droite, avec entrée séparée, des logements sociaux de l'office paramunicipal. Entre les deux, une étude notariale. Et au rez-de-chaussée, l'enseigne de prêt à porter Hugo Boss qui hérite de l'escalier monumental en chêne, tandis que le magasin Habitat profitera à partir du 15 septembre de la verrière Art déco. Voilà l'étrange mélange qui préside à la nouvelle vie du Grand Hôtel de la rue de Metz.

Une « opération d'image »
Un panachage qui finalement rend hommage à l'histoire mouvementée du bâtiment puisqu'il fut tour à tour un hôtel de luxe, une brasserie dont la salle de bal a vu danser le tout-Toulouse, mais aussi d'austères bureaux de préfecture et un célèbre squat d'artistes. La réhabilitation de l'immeuble classé, construit en 1900, a duré 25 mois, fait travailler 1 000 personnes et coûté 60 millions d'euros au promoteur Pitch Promotion. « Beaucoup de mauvaises langues avaient prédit qu'on n'y arriverait pas », se souvient Bruno Saulière, son directeur régional, plutôt heureux « de la prouesse technique ». Les marbres ont été récupérés puis « recyclés ». Le ventre du bâtiment a dû être entièrement démoli puis reconfiguré selon les normes acoustiques qui conviennent à cette curieuse cohabitation entre luxe et vie ordinaire. Un seul mystère demeure : la rentabilité de cette spectaculaire opération. « C'est plutôt une affaire d'image », convient le promoteur.

Festivités

Les Toulousains sont tous invités à l'inauguration du Grand Hôtel le jeudi 15 septembre, à partir de 18 h 30. Pour l'occasion, la rue de Metz sera barrée et une visite virtuelle du bâtiment sera projetée sur les façades. Des concerts suivront les discours.