Les réseaux et le système D fonctionnent à plein régime

Maylis Jean-Préau

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En décrochant leur diplôme à Toulouse, les Chinois espèrent trouver plus facilement du travail dans leur pays.
En décrochant leur diplôme à Toulouse, les Chinois espèrent trouver plus facilement du travail dans leur pays. — F. Scheiber / 20 minutes

Il y a six ans, Yu Yaping arrivait de Chine pour suivre une licence d'économie. Cette année, elle fera partie des quelques étudiants sélectionnés pour effectuer leur doctorat à Toulouse School of Economics (TSE). « L'école est très prestigieuse. En Chine il y a beaucoup d'étudiants sur le marché, obtenir un diplôme de TSE me garantit un emploi », précise-t-elle. Comme Yaping, 35 000 étudiants chinois choisissent chaque année d'étudier en France afin de décrocher un meilleur diplôme. La Ville rose fait figure de favorite pour l'aéronautique et l'économie, en particulier cette année avec l'ouverture le 14 septembre des licences et masters de TSE.

Nombreux dans l'aéronautique
Créé en 2003, le programme Action Chine a permis à plus de 180 étudiants de l'Empire du Milieu de suivre une licence d'économie. Baccalauréat en poche, ces élèves sont sélectionnés pour suivre un programme d'excellence : une année de classe préparatoire en Chine et trois ans de licence à Toulouse. 31 petits nouveaux sont attendus à la rentrée. L'objectif de TSE reste « l'ouverture à l'international et le développement de la francophonie auprès de partenaires de poids comme la Chine. ». A l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (ISAE), ce sont les entreprises du secteur qui encouragent la formation d'ingénieurs chinois avec lesquels il sera plus facile de coopérer ou de faire du business. Ils effectuent ainsi tout leur cursus, financés par des bourses d'Airbus qui leur assurent ensuite un emploi. Une vingtaine de professionnels sont également formés chaque année dans des masters spécialisés. Mais la liste des Chinois de Toulouse ne s'arrête pas là, nombreux sont ceux venus étudier en dehors du cadre des programmes. « Non pas pour une grande école, mais pour la qualité de vie et découvrir la vraie France », lance Cheng Zhou étudiant en français au Mirail.Trouver un logement étudiant n'est pas une mince affaire, surtout quand on est étranger. Pas de panique du côté des étudiants chinois ! « Quand je suis arrivée à Toulouse, je me suis rendue sur le site Xin Europe où on peut trouver tout un tas d'informations allant de comment faire son inscription universitaire à des annonces de rencontres, en passant par des meubles d'occasion ! », explique Wang Yiting, étudiante en LEA. C'est sur ce site qu'elle a pu, en moins d'une semaine, trouver un studio libéré par une autre étudiante chinoise.
Dans son immeuble, on ne trouve d'ailleurs que des Chinois, le propriétaire étant habitué à traiter avec eux et ne réclamant pas de garant.
Pour ces étudiants qui arrivent dans le cadre d'un programme, toutes les démarches administratives sont encadrées. Mais pour les autres, l'entraide entre Chinois est primordiale. L'union des chercheurs et des étudiants chinois de Toulouse, qui compte plus de 1 800 membres, met en contact, organise des rencontres, la fête du printemps, le Nouvel an chinois, etc.

résultats à la clé

Très motivés, les étudiants chinois affichent d'excellents résultats. Dans la filière économique toulousaine, plus de 70 % d'entre eux arrivent jusqu'en licence 3. Du côté de la faculté d'administration de Toulouse, qui accueille également de jeunes Chinois, le taux de réussite en licence est de 85 %.