l'arrêté a la gueule de bois

julie rimbert
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Depuis le 15 août, la consommation d'alcool est interdite dans l'hypercentre.
Depuis le 15 août, la consommation d'alcool est interdite dans l'hypercentre. — f . scheiber / 20 minutes

Hier après-midi, près du parking Victor-Hugo, un groupe de personnes sans domicile fixe sirote une bouteille de rosé et quelques bières. Signe que l'arrêté municipal interdisant la consommation d'alcool dans l'hypercentre de la Ville rose, en vigueur depuis le 15 août dernier, n'est pas encore entré dans les mœurs. Du côté de la mairie, on affirme que la mesure est actuellement en période d'observation mais que les amendes de 38 € seront bientôt effectives.

SDF et étudiants râlent
Si aucune brigade spécifique n'a été mise en place pour faire respecter l'arrêté, les policiers municipaux et nationaux sont chargés des contraventions. « Pour l'instant, nous faisons juste un rappel à la loi pour ceux qui ne conforment pas à l'arrêté, c'est-à-dire une minorité de personnes, explique Jean-Paul Makengo, adjoint au maire. L'objectif, c'est de permettre aux Toulousains d'aller dans les cafés, là où les professionnels ont les autorisations nécessaires, plutôt que de laisser les jeunes s'enivrer sur les places de la ville ». Une mesure dénoncée par les SDF qui craignent d'être rejetés hors du centre-ville. « Si je ne peux plus boire dans la rue en faisant la manche, qu'est-ce qu'il me reste ? peste Arnaud, un jeune marginal. En fait, on ne veut plus voir la misère en centre-ville ». Du côté des étudiants, l'arrêté est loin de faire l'unanimité. « Il ne faudrait pas que cette interdiction plombe le côté festif de Toulouse, confie Annabelle, étudiante en deuxième année de droit. Je comprends que les riverains de la place Saint-Pierre soient excédés par le bruit mais c'est tellement sympa de prendre l'apéro en bord de Garonne ». Seuls les cafetiers semblent se réjouir de ce tour de vis qui permet d'identifier clairement un périmètre d'interdiction. « L'ancien arrêté empêchait la consommation sur quelques places alors qu'aujourd'hui c'est clair, assure Bernard Bosc, président des cafetiers à l'Union des métiers et de l'industrie hôtelière. Cependant, je reste sceptique sur les moyens d'application de cet arrêté ».

charte

La ville a élaboré une charte de la vie nocturne avec les discothèques et les cafetiers. Elles sera votée lors du prochain conseil municipal le 23 septembre et environ cent professionnels seraient prêts à la signer. Ils s'engagent à limiter les nuisances sonores et à sensibiliser leurs clients. Ils seront identifiés par un autocollant à l'entrée des établissements.