Un palais wisigoth caché sous l'Arsenal

Hélène Ménal

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Les fouilles ont lieu entre le resto U et le Canal de Brienne.
Les fouilles ont lieu entre le resto U et le Canal de Brienne. — F. Scheiber / 20 minutes.

Le temple futuriste de l'économie toulousaine sera bâti sur les ruines d'un probable palais royal wisigoth. Les fouilles menées sous le parking de la Cité U de la fac de Droit en prévision de la construction de la Toulouse School of Economics (TSE) ont commencé au cœur de l'été. Avec déjà quelques surprises à la clé pour les archéologues de l'Inrap*. Pas toujours historiques. Comme cet enchevêtrement, plus fourni que prévu, de canalisations de gaz et d'eau qui alimentaient le resto U dans les années soixante-dix. Des vestiges beaucoup plus précieux affleurent aussi à la surface du parking encaissé : les fondations de l'angle d'un bâtiment, avec un portique d'entrée de 4 mètres de large. « Nous sommes donc sûrs que ce n'est pas une maison d'habitation », indique Jean Catalo, le responsable d'opération.

Ouverture au public
Il penche plutôt pour l'ultime témoignage d'une partie du palais royal des Wisigoths qui, au ve siècle, avaient fait de Toulouse leur capitale. La présence à deux pas de là d'autres vestiges de la construction retrouvés en 1992, lors des fouilles de l'église Saint-Pierre-des-Cuisines, va dans ce sens. Tout comme les matériaux utilisés : du mortier et, déjà, de la brique rose. « Les Wisigoths, bien que dits barbares, n'ont pas imposé leurs techniques de construction, ils se sont adaptés aux savoir-faire locaux », explique Jean Catalo. D'autres strates de l'histoire de la Ville rose se superposent sur cette parcelle de 2 900 m2, qui fut la frontière entre la ville antique et le bourg médiéval. Les spécialistes ont notamment retrouvé des tombes du iiie siècle et leurs squelettes. Puis ils ont fait un bond dans le temps jusqu'aux sous-sols de l'Arsenal, où l'on fabriquait des armes de la Révolution aux années soixante.
Les fouilles vont se poursuivre jusqu'en janvier, sous le regard des étudiants. Déjà, des curieux s'agglutinent pour observer en contrebas le ballet des pelleteuses et des pinceaux. L'équipe a dont décidé d'organiser une opération « chantier ouvert », le samedi 17 septembre, pour les Journées du patrimoine.
* Institut national de recherches

archéologiques préventives