Le son toulousain muet à Bourges

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Le couperet est tombé : aucun groupe toulousain ou midi-pyrénéens ne montera sur scène au Printemps de Bourges, le 26 avril, dans le cadre de « Attention talent scène ». « Cela ne nous était arrivé qu'une seule fois en l'espace de 15 ans », remarque William Bloch, directeur d'Avant-Mardi, antenne régionale du festival. Huit groupes, sur 200 auditionnés, sont montés à Paris en février pour l'ultime sélection... à laquelle aucun n'a survécu. « Deux artistes avaient vraiment leur chance et une certaine maturité. » Mais la concurrence est rude. « On est déçu car on a dépensé beaucoup d'énergie et qu'il n'y a pas de retour », regrette William Bloch. Le fameux son toulousain incarné par Zebda ne serait plus qu'un souvenir ? Pas vraiment. « Nous avons surtout un problème de repérage des groupes dû à l'absence de scène underground », explique le spécialiste.

Une législation plus ferme sur l'accueil du public et la réglementation du travail a aussi fait vaciller le milieu. « Les directeurs de salles refusent les premières parties, souvent amateurs, de peur d'être accusés de travail dissimulé, or cela permet aux jeunes de se former », regrette Laurie Blazie, coordinatrice du Collectif urgence d'acteurs culturels (Couac). De moins en moins de musiciens font l'expérience de la scène. Paradoxalement, la pratique musicale explose, « mais ils ont du mal à sortir de leur cave ». Notamment depuis la disparition des cafés-concerts, étape pourtant nécessaire offerte pour l'instant par les scènes privées, dans l'attente de la renaissance de salles publiques, comme celle duBikini prévue en 2007.

Anne-Marie Fontaine

« Il y a un début de volonté politique, l'agglo et son schéma culturel, mais il manque l'aide urgente et le soutien aux salles existantes », souligne Laurie Blazie, du Collectif urgence d'acteurs culturels (Couac).