Le tram Garonne déraille

Béatrice Colin et Hélène Ménal

— 

En l'état actuel, le projet devait coûter 120 millions d'euros.
En l'état actuel, le projet devait coûter 120 millions d'euros. — F. Scheiber / 20 minutes

Elle faisait déjà pas mal de remous, voilà que la ligne de tram Garonne, entre les Arènes et le Palais de Justice, connaît un véritable tsunami. Mercredi dernier, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu le projet et demandé à Tisséo de « cesser tous travaux en vue de [sa] réalisation ». Le juge, saisi par les riverains de l'Association pour un autre tracé (Apat), s'est montré extrêmement sévère dans sa décision, mettant en doute l'intérêt de la ligne. Il a notamment pointé des études d'impact « lacunaires » puis considéré que ce tram fait doublon avec le métro et ne permet aucun gain de temps.

Le maire fait appel
« Il ne présente pas de garantie d'une réduction significative de la circulation automobile au centre-ville […] alors que le coût d'investissement est estimé à près de 120 millions d'euros », conclut le magistrat. Un camouflet pour Pierre Cohen (PS), maire de Toulouse et président de Tisséo qui a fait des transports en commun la grande cause de son mandat. « Je suis stupéfait par cette décision qui va totalement à l'encontre du développement des transports publics […] Elle donne malheureusement raison à ceux qui privilégient l'intérêt particulier de la voiture en ville », a réagi l'édile. Parlant de « décision politique », il a aussi annoncé qu'il faisait appel devant le Conseil d'Etat, la plus haute autorité administrative. Pierre Cohen attend la décision sous un mois. Si elle lui est défavorable, le projet devra être soit profondément modifié, soit abandonné.
Dans l'autre camp, Frédéric Brasiles, le président de l'Apat, savoure sans triomphalisme. « Notre demande était citoyenne, légitime et justifiée Le pot de fer s'est cassé les dents contre le pot de terre », commente ce photographe des allées Jules-Guesde qui estime que Tisséo a voulu passer en force au détriment de la concertation. Il attend la prochaine étape de ce bras de fer.

chantier

Les travaux en cours le long de la ligne concernent des déviations de réseau d'eau, de gaz ou d'électricité. Ils vont se poursuivre. Le tribunal n'a suspendu que les travaux du tram à proprement parler qui doivent démarrer en septembre.