Les naufragés du canal

hélène Ménal

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Tom et Annemiek Peek, des touristes entre deux eaux.
Tom et Annemiek Peek, des touristes entre deux eaux. — F. Scheiber?/ 20 minutes

L'eau comme le paysage, tout est glauque à l'endroit où ils ont été obligés d'amarrer leur péniche. Annemiek et Tom, des touristes hollandais, se souviendront longtemps de leur séjour forcé à Toulouse. Pas urbains pour un sou, ils avaient décidé « de traverser la ville lundi à toute vitesse pour filer vers le Tarn-et-Garonne ». Mais c'était sans compter sur la grève des agents de Voies navigables de France (lire encadré). Sans eux, pas de passage d'écluse, ni de signalisation.

Cantonnés à bord
Les plaisanciers ont été stoppés au niveau de l'écluse Bayard, sans possibilité de faire demi-tour avec leur grand bateau pour rejoindre le port Saint-Sauveur. « Au début, j'ai cru à une panne », raconte Annemiek qui n'a pas compris les explications lors de son coup de fil à VNF. Ces retraités, qui vivent à l'année sur le Bolivar, ont trouvé refuge aux abords de la gare. « Du mauvais côté pour capter la télé et dans un coin très mal fréquenté ». Leur nuit de lundi à mardi a été agitée par des visites intempestives. Par ailleurs, ils refusent de quitter la péniche qui renferme toute leur vie. Pas question donc de faire des escapades gastronomiques. Ils puisent dans leur congélateur, en espérant quitter aujourd'hui la Ville rose. Sans regret.

grogneLes agents sont en grève depuis lundi contre un avant-projet de loi. Ils craignent de perdre leur statut de fonctionnaires ou encore une automatisation des écluses.