Une croix sur les profs

Béatrice Colin

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48 postes supprimés sur l'Académie.
48 postes supprimés sur l'Académie. — F. Scheiber / 20 minutes

Pour l'enseignement catholique, c'est de plus en plus la croix et la bannière. Hier, lors d'une réunion à Balma, ses représentants ont lancé un « avertissement solennel » aux pouvoirs publics pour dénoncer les suppressions de postes d'enseignants dans leurs établissements.

Public-privé, même combat
Sur l'Académie de Toulouse, le privé accueille 71 548 élèves de la maternelle à la prépa. En septembre, il va perdre 48 emplois de professeurs. « L'effort de l'enseignement privé sous contrat est exactement le même que celui demandé à l'enseignement public », indique-t-on au rectorat. « La situation est intenable. D'ici à 2013, c'est 5 000 à 7 000 emplois à rendre au niveau national pour l'enseignement catholique. Cela va avoir des conséquences désastreuses et conduire à des fermetures de classes, mais aussi de 1000 écoles, de 100 à 150 collèges et de 70 à 100 lycées », prédit de son côté Eric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique. À la rentrée, un collège va devoir fermer ses portes dans l'Aveyron. En Haute-Garonne, des formations en CAP n'ouvriront pas faute de moyens. Dans l'agglomération toulousaine, ces réductions de postes se traduisent par un nombre croissant d'élèves par classe. « Par solidarité, nous avons fait le choix de les surcharger avec 33, voire 34 élèves en collèges. Cela permet de maintenir des postes ailleurs et de mailler le territoire. Mais nous arrivons au maximum, nous ne pouvons pas faire plus », témoigne Dominique Durand, directrice de l'établissement toulousain Émilie-de-Rodat qui accueille 1 310 collègiens et lycéens et en refuse chaque année au moins 300. « Nous souhaitons maintenir un enseignement partout, il aurait été facile de se recentrer vers les territoires en plein développement et de fermer ailleurs », relève Hervé Bonamy, directeur diocésain. Pour l'heure, aucune manifestation n'est prévue, mais ils ne s'interdisent rien.

financements

Les salaires des enseignants sont pris en charge par l'Etat. Les collectivités locales participent au fonctionnement matériel des établissements. La part payée par les familles sert à financer notamment l'entretien et la construction des locaux.