La rupture... mais scolaire

julie rimbert

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Le chef de l'Etat a rencontré sept des neuf élèves de l'ERS.
Le chef de l'Etat a rencontré sept des neuf élèves de l'ERS. — T. Bordas/sipa

«Je suis président de la République aujourd'hui mais j'ai connu des échecs. Ce n'est pas une honte de reconnaître qu'on a besoin d'aide », a confié Nicolas Sarkozy. Il a visité hier, en compagnie du ministre de l'Education nationale, l'établissement de réinsertion scolaire (ERS) de Bagnères-de-Luchon qui accueille depuis novembre neuf élèves en rupture scolaire. L'occasion pour le chef de l'Etat d'échanger avec ces adolescents, originaires de différents départements de Midi-Pyrénées.

Deux profs pour neuf élèves
Florian, 13 ans, ne semblait absolument pas intimidé par cet invité exceptionnel. « Depuis mon arrivée, je suis plus concentré en classe et j'ai augmenté ma moyenne dans toutes les matières, témoigne ce jeune de Plaisance-du-Touch (31) qui souhaite devenir chaudronnier. Quand on ne comprend pas un exercice, les profs sont très à l'écoute. L'internat était dur au début car j'étais loin de ma famille mais aujourd'hui j'ai compris qu'il vaut mieux travailler si on veut trouver un bon métier ». Ces élèves sont scolarisés à l'ERS pendant un an pour reprendre ensuite une scolarité normale. Les deux enseignants, volontaires, doivent leur réapprendre les règles de la vie citoyenne et en société. Sofiane, 13 ans, a été orienté vers l'ERS à cause de son mauvais comportement et de son absentéisme. Originaire du Mirail, à Toulouse, il a eu des difficultés à accepter l'autorité dans son nouvel internat. « La première semaine, j'ai voulu sortir du collège mais les profs m'ont rattrapé, raconte-t-il. J'avais l'impression d'être en prison mais mes parents m'ont poussé à continuer. C'est bien ici car on pratique des activités sportives pour se défouler et les cours sont très encadrés ». Satisfait de ce bon retour d'expérience, le chef de l'Etat a annoncé hier la mise en place, en septembre prochain, de neuf nouveaux ERS, en plus des onze existants.

manif

Une centaine de personnes a manifesté hier à proximité de l'ERS de Bagnères-de-Luchon pour dénoncer les suppressions de postes et les fermetures de classes. Enseignants, parents d'élèves et élus ont demandé à rencontrer le président. En vain.