"L'état des nappes d'eau est inquiétant"

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On parle déjà de sécheresse dans certaines régions. Est-ce le cas en Midi-Pyrénées ?

Ce qui est sûr, c'est que nous sommes plutôt en période sèche. Pour janvier et début février, on est dans la suite de ce qui s'est passé en 2005 où nous avons été en déficit toute l'année. On est en manque de pluies, il y a une sécheresse des sols. Les calculs montrent que nous sommes déficitaires sur les rivières autour de Toulouse, mais aussi dans tout le département. Une situation que l'on rencontre une fois tous les cinq à dix ans, aggravée par le déficit pluviométrique

Le manque de pluie est-il si important ?

Entre le 1er septembre 2005 et le 31 janvier 2006, il y a un déficit sur Toulouse de 20 à 40 %. Sur certaines parties du département, cela va jusqu'à 60 %.

Et les nappes souterraines. Dans quel état sont-elles ?

Cet aspect est le plus inquiétant. Le manque d'eau fait qu'il n'y a pas eu de pluies efficaces et les nappes phréatiques ne se sont pas ou très peu rechargées... Ce qui aurait dû être le cas depuis décembre. Toute l'eau qui va tomber à partir de mars va être évapo-transpirée.

La situation est-elle inquiétante ?

Les espoirs que ça s'arrange sont chaque jour un peu plus faibles. Toutefois, à Toulouse, mai est le mois le plus pluvieux et s'il y a des orages en août, les agriculteurs sont moins demandeurs. J'ai vu plusieurs années où une ou deux grosses pluies ont permis de repartir. La situation n'est pas catastrophique mais il faut être vigilant.

Les réservoirs d'eau peuvent-ils contrebalancer ces manques ?

Leur remplissage est de 40 à 60 % de leur capacité maximale pour la région de Toulouse. Cela veut dire aussi qu'il en manque 60% à 40 %.

La fonte des neiges des Pyrénées peut-elle recharger les cours d'eau ?

Elle a une incidence sur la Garonne et l'Ariège, qui prennent leur source en altitude, mais pas sur les petites rivières de plaine. On espère souvent de la fonte des neiges, mais son impact n'est pas si important. D'autant plus qu'il n'y a pas actuellement autant de neige qu'on le dit.

Existe-t-il des mesures préventives pour éviter une sécheresse?

Le 15 février, une conférence ministérielle a indiqué qu'il fallait donner priorité à l'eau potable, avoir une gestion économe et mieux valoriser l'eau. La cellule Sécheresse départementale va se réunir. Elle renouvellera un appel à la sensibilisation des citoyens, et notamment des agriculteurs, aux économies d'eau.

Quelles mesures préconisera-t-elle pour les agriculteurs ?

On peut les inciter à pratiquer des cultures moins gourmandes en eau comme le maïs . Un hectare de maïs consomme entre 2000 et 3000 m3 d'eau en trois mois quand une famille va consommer entre 100 et 150 m3 à l'année.

Recueilli par Béatrice Colin