Sur un chemin commun

Béatrice colin

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Le 21 septembre 2010, une première stèle commune avait vu le jour.
Le 21 septembre 2010, une première stèle commune avait vu le jour. — F. Scheiber / 20 minutes

Le 21 septembre prochain, pour la commémoration du dixième anniversaire de l'explosion de l'usine AZF, les cérémonies seront peut-être encore éparpillées sur trois sites différents. Un temps envisagé pour cette année, le lieu de mémoire unique et commun dans un jardin public de deux hectares, derrière l'ancienne entrée de l'usine, ne verra finalement le jour que l'an prochain. Vendredi, le conseil municipal a lancé le concours pour la réalisation d'une œuvre d'art où pourront se recueillir toutes les victimes. Les représentants des principales associations seront membres du jury et associés au choix définitif de l'artiste qui devrait intervenir d'ici au mois de juillet. Trop tard pour que l'œuvre soit prête à temps, même si, grâce aux maquettes, les contours en seront connus.

Un chemin en projet
« Nous allons aussi leur proposer la création d'un chemin sur l'ensemble du site sur lequel il pourrait y avoir des photos retraçant l'activité industrielle mais aussi l'accident. Ce serait en quelque sorte une réunification des différentes mémoires », plaide Nicolas Tissot, adjoint au maire en charge du dossier. Une idée qui pourrait vite se transformer en chemin de croix.
Car si la mairie a créé un lieu de mémoire commun, elle n'a pas encore réussi à apaiser toutes les tensions. « Nous avons toujours souhaité une commémoration unique car ce fossé entre salariés et sinistrés a été totalement fabriqué. Mais à une seule condition : que toutes les associations représentatives puissent s'exprimer », relève Jean-François Grelier, président des sinistrés du 21 septembre. Une prise de parole qui fait encore débat. « On peut imaginer un lieu commun à tous, à partir du moment où il n'y a pas la volonté de certains de dénigrer l'industrie chimique », revendique de son côté Jacques Mignard, le président d'AZF Mémoire & Solidarité qui réunit d'anciens salariés de la société Grande-Paroisse.

Mémorial et lieu de mémoire

Si la mairie va créer un lieu de mémoire, l'association d'anciens salariés porte de son côté un projet de Mémorial sur un terrain attenant de cinq hectares dont elle a la jouissance pour 99 ans. Financées par le Grand Toulouse, deux maisonnettes vont y être construites : l'une dédiée aux activités d'AZF Mémoire & solidarité, l'autre fera office de salle municipale.