La ligne Garonne corrigée

Hélène Ménal

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Dans un premier temps, la ligne ira des Arènes jusqu'à ce carrefour.
Dans un premier temps, la ligne ira des Arènes jusqu'à ce carrefour. — Smat

La future ligne Garonne a perdu 400 mètres d'un coup hier. Les élus du conseil syndical de Tisséo ont en effet décidé de ramener « provisoirement » son terminus au niveau du Palais de Justice, renonçant à la station Grand-Rond. La portion supprimée faisait partie des « réserves » émises, faute d'une fréquentation suffisante, par le commissaire enquêteur chargé de juger de l'utilité publique du projet. Pierre Cohen, président de Tisséo, précise toutefois que le projet d'aménagement des allées Jules-Guesde est maintenu, tout comme son calendrier : les parkings seront supprimés et le tunnel à voitures comblé. « Nous assumons l'impact sur la circulation automobile, c'est un choix politique », assure Joël Carreiras, vice-président du Grand Toulouse chargé des transports.

Menace de recours
Une autre réserve a été levée concernant le passage à niveau de l'avenue Déodat-de-Séverac. A l'origine, seul le tram devait passer en souterrain. Le commissaire enquêteur avait estimé cette configuration dangereuse, notamment pour les élèves du lycée tout proche. Dans la version définitive, le tunnel est donc élargi de 2,50 mètres pour permettre aux piétons et aux cyclistes de l'emprunter.
Selon le maître d'ouvrage, ces deux modifications n'influent ni sur le coût global du projet (115 millions d'euros), ni sur sa date de livraison, toujours annoncée pour fin 2013. Mais ces amendements ne convainquent pas Frédéric Brasilès, le président de l'Association pour un autre tracé (Apat). « Tisséo a traité des problèmes techniques, sans toutefois régler la question de fond qui est l'utilité de ce tracé », dit-il. Pour cet opposant « la ligne Garonne va coûter des millions de déficit tous les ans pour transporter très peu d'usagers, et handicaper la vie quotidienne des Toulousains en embouteillant la rocade ». Les membres de l'Apat vont se réunir prochainement. Ils n'excluent pas d'attaquer le projet devant le tribunal administratif. Ils disposent de deux mois pour le faire.

Bilan

Pour lever la troisième et dernière réserve, Tisséo accepte d'attendre un bilan de la ligne T1 après six mois d'exploitation avant de commencer les travaux. Au bout de deux mois, un premier bilan indique que la ligne est fréquentée par « 17 000 à 20 000 » passagers par jour, contre 30 000 escomptés. Il y a eu 9 accidents impliquant les rames et un seul blessé.