L'auberge espagnole à Bagatelle

julie rimbert

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Maxime et Lud ont emménagé en novembre dans cet ancien logement d'instituteur.
Maxime et Lud ont emménagé en novembre dans cet ancien logement d'instituteur. — f.scheiber / 20 minutes

Ils sont surnommés les Kapseurs. Depuis le mois de novembre, dix étudiants ont emménagé dans quatre anciens logements de fonction d'instituteurs, proposés en colocation par la mairie. Pour cette opération appelée « Koloc' à projets solidaires » (KAPS), les locataires doivent s'engager dans un projet touchant l'éducation, la vie culturelle du quartier où ils sont installés.

Projet autour d'un livre
Lud, étudiant de 23 ans en arts appliqués au Mirail, a emménagé dans un T4 à Bagatelle avec deux autres camarades qu'il ne connaissait pas. C'est l'association de la fondation étudiante pour la ville qui a choisi les locataires parmi 80 candidats. Dans le salon, l'ambiance est décontractée. Un pantalon sèche même près de la fenêtre, sur un fil à linge. Pour cet appartement de 85 m2, le loyer mensuel à la charge de l'étudiant s'élève entre 141 et 182 euros. « C'est un bon plan au niveau financier et une belle expérience humaine, confie Lud. Chacun a ses petites habitudes, il faut s'adapter et faire des compromis en cas de problème ». Un étage en dessous, trois autres étudiants habitent un T4 appartenant à la mairie. Le Crous, gestionnaire du parc de logement étudiant, assure l'entretien des habitations et fournit une partie du mobilier. « C'est sympa car c'est un peu l'auberge espagnole, poursuit Lud. On échange beaucoup avec les autres Kapseurs, en particulier sur les projets solidaires auxquels chacun participe ». Avec un de ses colocs, Lud a travaillé sur une rencontre entre des enfants de la maison de la jeunesse et de la culture Jacques Prévert et un auteur de la littérature jeunesse. Des ateliers de théâtre ont également été mis en place pour approfondir le travail sur l'un des albums de l'écrivain. Devant le succès de cette opération, la municipalité envisage déjà d'agrandir l'offre des appartements en colocation. « Nous espérons avoir quatre nouveaux logements pour la prochaine rentrée, explique Romain Cujives, adjoint à la Vie étudiante. Notre démarche doit créer une vraie mixité sociale ».