Un appel droit au cœur

Béatrice Colin

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C'est la course pour la vie. Et pourtant, quand les premiers symptômes se font sentir, en Haute-Garonne, seuls 40 % des victimes d'un infarctus décrochent leur téléphone pour appeler le 15 ou le 18. En France, ce taux monte à 50 %. C'est l'un des enseignements de la première étude européenne lancée par l'Observatoire Stent For Life. Son objectif : voir quelles sont les meilleures stratégies de prise en charge des patients.

Inciter à appeler
Durant le mois de novembre, les infarctus survenus sur cinq départements français ont été inventoriés, analysés, décortiqués. « En Haute-Garonne, nous avons recensé 39 patients ayant eu un infarctus du myocarde. Parmi eux, quatorze n'ont pas du tout appelé les services d'urgence ou du SAMU. Ce n'est pas un bon résultat, pourtant entre le moment où le médecin arrive et celui où l'artère est débouchée dans une salle de cathétérisme, il faut sur notre département 82 minutes. Nous sommes les seuls à respecter ce délai », souligne Jean-Louis Ducassé, responsable du SAMU 31. Si ce délai est en dessous des 90 minutes, le taux de mortalité est faible, de 2 à 3 %. « Au delà de 24 heures, la mortalité double, voire triple. Ici nous avons une couverture par le SAMU qui est remarquable, c'est ce qui se fait de mieux. Nous devons gagner sur la sensibilisation des patients » , plaide le professeur Jean Fajadet, cardiologue à la clinique Pasteur et président de l'association qui a initié ce projet. « Parfois, la douleur arrive en pleine nuit et ils se disent j'appellerai demain, mais chaque minute compte », poursuit-il. Pour inciter la population à avoir le bon réflexe, une vaste campagne d'information va être lancée chez les cardiologues et généralistes du département. Et pour connaître son impact, un nouveau bilan sera effectué en novembre.

chiffres

Sur deux années, le SAMU et les services d'urgences de la Haute-Garonne ont pris en charge 567 infarctus. En ajoutant ceux survenus en dehors de ce cadre, « on considère qu'il y a entre 350 et 400 infarctus par an », note Jean-Louis Ducassé.