Trois médecins à la barre après la mort d’une fillette

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Trois médecins comparaîtront pour « homicide involontaire » le 1er février à Toulouse. Ils devront s’expliquer sur la mort d’Amélie, 9 ans, survenue le 4 septembre 2004 dans une clinique de Carcassonne après une simple opération de l’appendicite. L’ordre des médecins est saisi du dossier mais, fait de plus en plus courant en France, la famille de la fillette a aussi choisi la voie pénale. « Quand on est victime d’un tel drame, on a besoin d’une reconnaissance juridique des fautes qui ont été commises », explique Patrick Birembaux, le père d’Amélie, lui-même médecin, qui a ouvert un site Internet (www.amelieb.fr). Deuxième particularité, la comparution est directe, sans instruction ni mise en examen. « Nous le faisons parce que l’expertise civile, réalisée de façon contradictoire, est extrêmement claire et accablante. Dans des cas aussi simples, autant opter pour la rapidité », souligne Paul-Albert Iweins, l’avocat de la famille. Georges Lacoeuilhe, le défenseur du chirurgien mis en cause, trouve, lui, « la procédure très curieuse » et estime que, dans ces circonstances, « le juge n’a pas les moyens de statuer ». « Je demanderai la relaxe car mon client conteste toute responsabilité au pénal », ajoute-t-il. Le père d’Amélie espère pour sa part que le procès démontrera « combien il est fondamental pour un médecin de garder une part d’humilité et de continuer à se former tout au long de sa carrière ». H. M. (avec C. L.)

pénal « Faut-il avoir peur de se faire opérer ? » sera le thème de l’émission « Savoir plus Santé », demain à 13 h 45 sur France 2. Près de 200 affaires médicales sont jugées au pénal chaque année en France, pour 5 condamnations. Par ailleurs, 5 000 indemnisations sont accordées par la justice civile.