L’usine d’incinération du Mirail sur le grill

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Le procès de l’accident à l’usine d’incinération du Mirail en 1998, dans lequel un contremaître a été grièvement blessé, s’est déroulé hier devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Le verdict sera connu le 19 février. Près de huit ans après les faits, Bernard Thomar, 52 ans, brûlé au troisième degré à la suite de l’explosion d’un four, s’est trouvé face aux deux personnes mises en examen dans ce dossier pour blessures involontaires et mise en danger d’autrui : Frédéric Gauchet, l’ex-directeur de SGE Environnement, constructeur du four, et Michel Kersaudy, directeur de la Setmi, chargée d’exploiter les quatre fours de l’usine pour la mairie de Toulouse. Bernard Thomar, qui revendique « simplement [devant la justice] le statut de victime », a expliqué que le four nº 4 connaissait des dysfonctionnements : près de 900 arrêts pour raison de sécurité entre avril 1997 et février 1998, avec deux explosions majeures avant le drame du 5 février. Devant le tribunal, les deux accusés se rejettent la responsabilité, même si le directeur de l’usine, Michel Kersaudy, est le seul prévenu véritablement mis en cause pour ne pas avoir fait remonter les problèmes rencontrés par le four nº 4. Le procureur a requis à son encontre une peine de sursis et une amende. Philippe Font

victime Depuis 1998, Bernard Thomar souffre d’une incapacité de travail à 50 % et ne travaille plus. Il a subi de nombreuses greffes de peau sur le visage et le corps.