Des remous sur la ligne Garonne

Hélène Ménal

— 

La commission demande d'avancer le terminus au Palais de Justice et de ne pas pousser jusqu'au Grand-Rond.
La commission demande d'avancer le terminus au Palais de Justice et de ne pas pousser jusqu'au Grand-Rond. — SMAT

Un feu vert qui tire quand même sur l'orange clignotant. La commission d'enquête publique sur la ligne de tram Garonne, qui doit relier les Arènes au Grand-Rond, vient de rendre un avis « favorable » au projet. Mais qui, à la lecture du rapport du commissaire enquêteur, François Boudin, fait plutôt figure d'accord de principe, donné du bout des lèvres. Il émet notamment trois réserves de taille.
Une station de trop. Le rapport demande que le terminus soit « ramené provisoirement » à la station Palais de justice « en raison du trafic très faible entre les stations Palais de justice et Grand-Rond ». Sur cette portion, le tram transporterait « 120 à 144 voyageurs durant les trois heures de pointe du soir », soit 5 à 6 voyageurs par rame en moyenne.
Un passage à niveau dangereux. Il est prévu que le tram, et lui seul, franchisse en souterrain le passage à niveau du boulevard Déodat-de-Séverac. La commission d'enquête « regrette que la solution de l'enfouissement de la voie ferrée n'ait pas été sérieusement envisagée ». Pour elle, l'option retenue « est la plus dangereuse pour les usagers, notamment pour les élèves du lycée Déodat-de-Séverac empruntant le tramway, et la moins pratique pour la circulation urbaine ».
La nécessite d'un retour d'expérience. Le rapport estime que les travaux de la ligne Garonne doivent attendre le 11 juin « une fois établi un premier bilan d'exploitation de la ligne E [T1], pour vérifier la validité des hypothèses de fréquentation, de temps de parcours, et d'impact sur la circulation automobile ».
D'autres critiques. Parmi les autres inconvénients de la ligne Garonne, François Boudin pointe un risque d'accroissement des difficultés de circulation en périphérie du projet, notamment sur la rocade ouest. Il suggère en outre que le dossier a été bouclé au pas de charge, au détriment des investigations.

Chiffres

Dans l'état actuel du projet, la ligne Garonne mesure 3,8 kilomètres pour un coût de réalisation estimé à 116 millions d'euros. 881 observations ont été faites par les Toulousains au cour des deux mois d'enquête publique. Ce chiffre englobe les 613 signatures d'une pétition contestant le projet.