Un tourisme d'affinités

Hélène Ménal

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Le Muséum est resté en tête des sites les plus visités en 2010.
Le Muséum est resté en tête des sites les plus visités en 2010. — F. Scheiber / 20 minutes

La principale attraction touristique de Toulouse n'est pas en brique rose mais en chair et en os. Quand un visiteur débarque, c'est « en premier lieu pour voir de la famille ou des amis », indique une enquête de l'office de tourisme. Elle portait pour la première fois sur le profil des touristes d'agrément, les vrais en quelque sorte, par opposition aux touristes d'affaires bien plus nombreux. « Ce tourisme affinitaire n'est pas étonnant quand on pense que 20 000 nouveaux habitants s'installent chaque année dans l'agglomération. Ils génèrent la visite de leurs connaissances », souligne Jean Micoud, directeur adjoint de l'office de Tourisme.

Boom des chambres d'hôtes
Du coup, 61 % des touristes d'agrément logent chez l'habitant, au détriment de l‘hôtel. Mais ces adeptes du système D ont aussi le bon goût de rester presque deux fois plus longtemps : 6 nuits en moyenne contre 3,5 nuits pour les clients des hôtels. Et, alors que les simples excursionnistes se contentent de se balader en ville, dans les églises ou sur les berges de la Garonne et de se payer une tranche de shopping, ceux qui restent plus de trois jours consomment du musée, de la gastronomie locale et poussent même, une fois sur dix, jusqu'à la Cité de l'espace.
Par ailleurs, l'enquête montre que l'offre d'hébergement à Toulouse n'est pas très diversifiée. « Nous manquons d'hébergement de charme, explique Philippe Verger, le directeur de l'Office. Mais un rattrapage est en cours, il y avait quatre chambres d'hôtes dans l'agglomération il y a trois-quatre ans, on en compte 200 aujourd'hui ». Une concurrence qui n'effraie pas Delphine Cizeau, pionnière avec sa maison d'hôtes Anjali, dans la grande rue Saint-Michel. « La demande d'authenticité et de contact humain est forte et notre croissance régulière », indique-t-elle. La semaine, elle auberge surtout des touristes d'affaires. Mais le week-end, elle aussi a son lot de visiteurs affinitaires. « Des parents par exemple qui viennent voir un étudiant dont le studio est trop petit ».

Top 5

Avec 203 304 amateurs, le Muséum d'histoire est le site le plus visité de la Ville rose. Loin devant la basilique Saint-Sernin et la salle des Illustres du Capitole qui ont respectivement enregistré 167 240 et 159 443 entrées en 2010. Le couvent des Jacobins (139 057 visiteurs) et le Musée des Augustins (110 102) complètent le top 5.