«La sédentarité, cause de l’obésité infantile»

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Chef du service d’endocrinologie et de génétique médicale à l’hôpital des enfants de Toulouse. Vous venez de publier un livre Mon enfant est trop gros. Qu’est-ce qui vous a motivé dans ce projet ? Il existe beaucoup de livres sur l’obésité, mais peu qui s’adressent aux parents. Souvent ils sont compliqués, là c’est un livre pour ceux qui ont besoin d’une réponse rapide. En Midi-Pyrénées, les enfants sont-ils plus obèses ? Il y a 18 % d’enfants en surpoids, dont 5 % obèses. On est dans la moyenne nationale, même si une étude récente montre que pour les jeunes enfants, la région se situe un peu en dessous. Si dans le Nord, par exemple, il y a des habitudes alimentaires plus grasses, dans notre région, on mange davantage de légumes. Pourquoi l’obésité augmente-t-elle ? On mange différemment et l’enfant est beaucoup plus sédentaire qu’avant. La sédentarité, c’est vraiment la cause de l’obésité infantile. Pendant le transport et à l’école, l’enfant est assis. Quand il rentre, il s’installe devant la télé ou les jeux vidéos. Son activité physique est extrêmement faible, surtout s’il n’y a pas de culture familiale du sport. Quelles sont les solutions ? Il faut d’abord en prendre conscience et, par exemple, diminuer la télé à une heure par jour. Une étude épidémiologique et prévention de l’obésité infantile menée dans la Haute-Garonne montre que, dès l’âge de quatre ans, les enfants les plus obèses sont ceux qui regardent le plus la télévision. L’activité physique peut faire la différence. Menez-vous d’autres études ? Depuis septembre, on a mis en place à la cité scolaire de Luchon un module pilote pour adolescents souffrant d’obésité sévère. Ils sont quinze dans un internat à être pris en charge par une équipe. Nous y voyons deux intérêts : les jeunes ne sont pas hospitalisés et cela nous permet de faire de la prévention sur l’ensemble de la cité scolaire. Recueilli par Béatrice Colin Mon enfant est trop gros, éditions Le Cherche-Midi, 112 p., 10 e.