Le suicide au travail à la barre

julie rimbert

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Depuis deux ans, elle se bat pour faire reconnaître que son mari s'est suicidé à cause de son travail. Dominique P., cadre du site toulousain de Thales Alenia Space, s'est donné la mort dans son garage le 1er avril 2008, avant de partir au bureau. En février 2010, la Caisse primaire d'assurance-maladie de la Haute-Garonne a reconnu son décès comme accident du travail. Mais l'entreprise Thalès conteste cette décision et a engagé un recours devant le tribunal des affaires de la sécurité sociale. « Mon mari est mort à cause de son travail et je n'admets pas que Thalès fasse un déni de sa responsabilité dans ce geste, s'indigne sa veuve Claude. Je me battrai jusqu'au bout pour faire reconnaître le statut de victime de mon mari ».

Un procès contre Novalis Prévoyance
Pour « ce décès accidentel », elle attend aussi le versement d'une somme supplémentaire par la caisse complémentaire Novalis Prévoyance. Cette dernière refuse de payer, en avançant des arguments juridiques complexes sur la qualification des événements qui ont conduit au drame. Claude P. a donc décidé d'attaquer Novalis au tribunal de grande instance pour faire reconnaître le caractère accidentel du décès de son époux. Ces refus de Thalès et de la caisse de prévoyance inquiètent le syndicat CGT de l'entreprise, selon qui « une dizaine de salariés du groupe Thalès se sont suicidés depuis le début de l'année en France ». La CGT de Thalès se portera d'ailleurs partie civile aux côtés de Claude P.
Les directions de la société et de Novalis Prévoyance n'étaient pas joignables hier.