pour apaiser la cité

hélène haus
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Le médiateur part à la rencontre des jeunes qui traînent le soir à Bellefontaine.
Le médiateur part à la rencontre des jeunes qui traînent le soir à Bellefontaine. — f . scheiber / 20 minutes

   20 h 15, quartier de Bellefontaine, jeudi soir. Trois adolescents regardent le match Lille/Levski Sofia sur écran géant au siège de l'association Médiation, Prévention, Relais (MPR). Un local de 150 m2 où les 16-25 ans peuvent se retrouver pour discuter, jouer au ping-pong ou surfer sur le net, du mardi au dimanche, de 20 heures à minuit. Créée à l'initiative de Zoubir Sardi en 2006, MPR regroupe une équipe de neuf salariés employés par trois bailleurs sociaux du quartier (Les Chalets, Habitat Toulouse et Patrimoine SA Languedocienne). L'objectif est d'être le médiateur entre les résidents et les jeunes. 

 Créer un dialogue avec les jeunes
Chaque soir, six trentenaires issus des quartiers « sensibles » partent à leur rencontre dans les cages d'escaliers ou dans les coursives pour les convaincre de venir au local plutôt que de traîner dehors. « On a voulu prendre le problème des nuisances à la racine, explique Sandrine Diaz des Chalets, premier bailleur à avoir travaillé avec MPR. Cette prévention porte ses fruits puisque 69 % de nos résidents ayant répondu au dernier questionnaire ont constaté une nette amélioration des dégradations depuis l'arrivée de MPR ».
  Outre les six médiateurs, une psychologue et un conseiller en insertion complètent l'équipe. Si au début les jeunes rechignaient à venir consulter Agnès, la seule femme de MPR, ils sont désormais nombreux à prendre rendez-vous avec elle.
  Tous les soirs, les médiateurs font deux ou trois rondes dans la cité. Ce jour-là, Ryan, 18 ans, vêtu d'une djellaba, discute tranquillement avec deux amis sur son palier. « Il n'y a plus de voitures qui brûlent, concède le jeune homme. C'est tout calme maintenant ! » Depuis octobre 2009, 220 jeunes ont fréquenté le local de l'association.