LA POLICE MONTRÉE DU DOIGT

Eric DOUREL

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Un document accablant. Le rapport d'enquête présenté hier par le Syndicat de la Magistrature (SM), l'antenne toulousaine de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) et le Syndicat des Avocats de France (SAF) épingle les méthodes mises en œuvre lors de l'opération de contrôle de police du 6 février dernier dans le plus important camp de Roms de la ville, celui de la Flambère. « Il y a une disproportion entre ce qui était recherché et les moyens déployés, sans compter les atteintes à la dignité des personnes », commente Patrick Castex (SM). Agissant dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour escroquerie, 80 fonctionnaires de police, appuyés par un hélicoptère, avaient perquisitionné à l'aube, la quarantaine de caravanes.

Ni saisie, ni interpellation
Conditions de contrôle « humiliantes », menottages « systématiques des hommes et dans certains cas des femmes et enfants », certains adultes menottés « maintenus à terre, face contre le sol », et ce malgré une température négative (-1 °C). Au final, pas d'interpellation et aucune saisie. « Ils n'ont pas compris ce qui leur arrivait, surtout que depuis leur arrivée sur Toulouse aucun d'entre eux n'a commis d'acte s délictueux », fait valoir Rémi Cochard de la LDH. De son côté, Michel Valet, procureur de la République de Toulouse, assure « ne pas avoir pris connaissance de ce rapport d'enquête ». Et d'affirmer, « je n'ai à ce jour aucun élément qui me permette de porter un jugement défavorable sur une opération de police qui s'est déroulée dans un cadre juridique incontestable ».