La grande distribution joue à l'épicier

eric dourel
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Produits frais ou bios, la grande distribution se rapproche des attentes des clients.
Produits frais ou bios, la grande distribution se rapproche des attentes des clients. — f . scheiber / 20 minutes

Idéal pour les uns, cauchemardesque pour les autres. Les enseignes de la grande distribution se sont lancées à l'assaut du centre-ville de Toulouse, histoire de remettre la main sur une clientèle capricieuse qui a décidé de déserter ses grandes surfaces. « Déjà il faut supporter les embouteillages en voiture, puis l'attente à la caisse, sans compter que les prix ne sont pas si doux que ça. Franchement les grands hypermarchés, ce n'est pas le pied », explique sans détour Stéphanie, jeune femme active de 39 ans.

L'intégralité des courses
en bas de chez soi
Ce message, les grandes enseignes l'ont reçu cinq sur cinq. Du coup, elles ont décidé de sortir leur tablier d'épicier pour jouer les commerçants de proximité. Finis les Champions, Marché Plus, Shopi, 8 à Huit, désormais à Toulouse on dénombre neuf Carrefour City. Casino n'est pas en reste et a également revu sa copie en améliorant son offre pour proposer le « Café Jean » à Wilson, sorte de café-épicerie ouvert jusqu'à 23 heures. Même Intermarché a lâché ses mousquetaires dans l'hypercentre avec l'ouverture mi-septembre dernier d'un Intermarché-Express. « Avec 1 200 à 1300 clients par jour depuis notre lancement, nous répondons à l'attente du consommateur qui veut désormais faire l'intégralité de ses courses en bas de chez lui » se félicite Jérôme Sabatie Trotabas, porteur du projet Intermarché-Express pour la région Sud Ouest.
Signalétique colorée, espace restauration, rayon « apéros dînatoires », produits bio, frais et régionaux, des créneaux horaires étendus… Une stratégie de reconquête développée à l'identique par les professionnels du secteur. Que du bonheur ? « Non, tout est standardisé et on est très loin des petites alimentations générales qui avaient chacune leurs spécificités », râle Julien 42 ans, artisan dans le centre-ville. « Pas de produits de saison, aucun conseil, très peu de rapports humains, on ne peut pas imaginer que le centre-ville tombe exclusivement entre leurs mains », commente Patrick Divoux, primeur en fruits et légumes sur le marché de Cristal. En guise de riposte, les « petits » indépendants réfléchissent à la mise en place d'un marché de plein vent de produits frais, qui se déroulerait en centre-ville, en fin de journée « pour coïncider avec la fin des bureaux ».

surdotée

Avec 993 m2 de surface commerciale pour 1000 habitants (la moyenne française est de 839 m2), l'agglomération est surdotée en supermarchés. Du coup, les centres-villes font figure d'eldorado. Seul frein : le prix de l'immobilier.