C'est la grande loterie dansles stations-service de l'agglo

Hélène Ménal

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Les premières stations-service en rupture totale ont fait leur apparition en ville.
Les premières stations-service en rupture totale ont fait leur apparition en ville. — F. Scheiber / 20 minutes

« Rupture tous produits. En attente de livraison ». La pancarte est jaune flashy et sans appel. Elle tapisse la vitrine et toutes les pompes de cette station-service du faubourg Bonnefoy. Et pourtant, quasiment à tous les coups, les automobilistes tentent leur chance jusqu'à la caisse, à l'intérieur de la boutique. « Vous êtes sûre ? », disent-ils à l'employée. « Ben oui, c'est marqué », soupire-t-elle, incapable de dire si les cuves seront à nouveau approvisionnées dans la journée. « Je commence à peine ma quête, et j'ai l'impression que ça va être coton », prédit un jeune commercial en retournant vers sa voiture. Pas tant que cela en fait. La pénurie n'est pas installée à Toulouse. C'est plutôt au petit bonheur la chance. Et hier, après deux ou trois essais en moyenne, il était encore possible de remplir son réservoir à bloc. « Moi, c'est ma troisième », explique Bruno, dans une station automatique de la route d'Albi. Ce fonctionnaire de l'Education nationale trouve ce contretemps « ennuyeux mais légitime ».

Un dépôt à sec
Même compréhension pour Elisabeth qui vient pourtant de glisser sa carte bancaire dans une pompe vide. « Je me dis que si ça peut pousser le gouvernement à changer d'avis, c'est pas plus mal ». Robert, un intérimaire, est davantage à cran. « Quand c'est vide, faut l'afficher ou condamner l'accès, j'ai pas que ça à faire moi ! ». Supportable pour l'instant, la situation pourrait se tendre puisque le dépôt de Fondeyre est désormais à sec faute d'approvisionnement. Le deuxième, celui de Lespinasse, est dans le collimateur des grévistes.