Sur les traces des résistants toulousains

julie rimbert

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Le circuit « Toulouse résistance » commence au monument à la gloire de la résistance.
Le circuit « Toulouse résistance » commence au monument à la gloire de la résistance. — f . scheiber / 20 minutes

Un circuit mémoire pour rappeler que Toulouse a été un des hauts lieux de la résistance au nazisme. Du Capitole à la prison militaire Furgole où étaient enfermés les résistants, l'Office de tourisme propose une balade de deux heures à travers onze endroits emblématiques pour montrer le rôle primordial de la Ville rose dans cette période de l'histoire. « Quand on évoque la résistance, le public pense toujours à Lyon alors que Toulouse a été aussi très active, explique Elérika Leroy, spécialiste de l'histoire de la résistance toulousaine qui a participé à l'élaboration du circuit. On y retrouve les mêmes caractéristiques qu'au niveau national comme l'organisation militaire des Francs-tireurs et partisans-Main d'œuvre immigrée (FTP-MOI) ou les réseaux d'évasion ».

Des sites méconnus des Toulousains
Le circuit Toulouse résistance, tracé en collaboration avec les anciens combattants du département, débute au monument à la gloire de la résistance, sur les allées Frédéric-Mistral. Une atmosphère oppressante règne dans ce musée peu connu des Toulousains. Béton nu évoquant les blockhaus, diapositives d'époque, ce site plonge le visiteur dans la réalité de la guerre. En face, difficile d'imaginer que ce bel immeuble, ancien siège de la Gestapo, a été le théâtre des supplices infligés aux résistants. Outre les lieux emblématiques comme la faculté de médecine où se réunissaient les intellectuels, le circuit met aussi en avant les combattantes de l'ombre. Ainsi au 40, rue de la Pomme, le visiteur découvre le rôle de Marie-Louise Dissart qui a permis l'évasion de plus de 750 patriotes et aviateurs alliés. L'hôtel Ours Blanc permet aussi une plongée dans le monde du contre-espionnage. Le bâtiment a accueilli le réseau Morhange composé de militaires infiltrés dans les milieux nazis. Un retour dans le passé salué par Alain Verdier, le petit-fils de célèbre résistant, « heureux que le circuit mette en lumière ces héros de la guerre, restés souvent trop discrets ».

impasses

Deux des lieux emblématiques de la résistance toulousaine ne figurent pas dans le circuit pédestre en raison de leur éloignement. Ainsi la prison Saint-Michel, où de nombreux résistants ont souffert, constitua l'antichambre de la déportation pendant l'Occupation. De même, la gare Matabiau, absente du parcours, était le point de départ des convois de déportation. Les plaques situées dans le hall des départs rappellent l'engagement des cheminots de Midi-Pyrénées dans la résistance.