Jugé pour provocation à la haine

Éric Dourel

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Il comparaît à 14 h devant la cour d'appel de Toulouse. Rodolphe Crevelle, 55 ans, journaliste et directeur de la publication de Sud Journal, va devoir répondre de « provocation à la discrimination, à la haine et à la violence ». En première instance, il avait écopé de trois mois de prison ferme.
Ce « militant nationaliste révolutionnaire et délinquant de droit commun » comme l'indique sa fiche de recherche des renseignements généraux, a rédigé, sous un pseudonyme, un article sur les musulmans de Muret intitulé « Mon voisin est une mosquée ». Haineux, cet écrit publié en octobre 2006 dans Sud Journal a immédiatement fait bondir les associations Stop Racisme, la Ligue des droits de l'Homme, la Licra et le MRAP, qui ont porté plainte en janvier 2007.

Un habitué de la diffamation
Établi dans l'Aude, Rodolphe Crevelle va successivement être interrogé par la police et par le juge d'instruction. Insultant, menaçant, ou se drapant dans la liberté d'expression, notre homme est finalement jugé par défaut le 3 novembre 2008. Il s'oppose au jugement. Il est donc reconvoqué en mars 2009. Une fois de plus invisible à la barre, il laisse néanmoins une lettre à l'attention du président du tribunal qu'il compare à « un tribunal islamique ». Condamné à trois mois de prison ferme, il a fait aussitôt appel. Tout comme le parquet de Toulouse qui réclamait une peine plus lourde.
Depuis janvier 2009, Rodolphe Crevelle a été jugé deux fois pour diffamations, portant à onze le nombre de ses condamnations pour ce même motif.